LES TURCS EN HONGRIE ET EN AUTRICHE
d'Espagne, )) et par sa défaite, il rêvait de mettre le coml)le à la gloire du Croissant. « Apprenez, »écrivait-il le lo novembre 1;)32 à Ferdinand, « que je suis parti de ma capitale avec la bénédiction de Dieu et du Prophète, escorté de mes meilleurs esclaves et d'une innombrable armée, pour aller à la rencontre du roi dEspajinc. Par la grâce de Dieu, je le combattrai; s'il a le cœur haut placé, il m'attendra sur le champ de bataille, et Dieu décidera entre nous. Que s'il refuse de m'attendre, il se verra contraint de payer tribut à mon impériale majesté \ »
Soliman, pour le succès de son entreprise, comptait beaucoup sur les dissensions religieuses qui déchiraient l'Allemagne. Un jour que l'ambassadeur de Ferdinand vantait à Ibrahim Pacha les forces considérables de l'Empereur, l'amour et l'obéissance de ses sujets, le grand vizir,rinterrompant soudain, lui dit : « De quelle obéissance peut-il se vanter? A-t-il donc fait sa paix avec Martin Luther '-? »
L'armée turque, forte d'environ 250,000 hommes, envahit la Hongrie au mois de juin eten traversa toute la partie orientale, jusquelà épargnée. Dix-huit mille cavaliers, commandés par Gasim-Bey, pénétrèrent en Autriche, la mirent à feu et à sang, et saccagèrent toutela contrée jusqu'à l'Enns. «Une fois encore, «écrivait Schärtlin de Burtenbach, « les Turcs ont massacré ou traîné en esclavage des milliers de chrétiens, hommes, femmes et enfants 3. » Zapoli, à la tête d'une armée de Valaclies, marcha sur la Moravie et la Silésie, et livra ces contrées au pillage et à l'incendie, « pour empêcher le roi romain et toute la Chrétienté de recevoir aucun secours de Bohême^». Les janissaires désiraient ardemment conquérir Vienne ^ et se proposaient de surprendre Ratisbonne, oii l'Empereur, à ce même moment, s'elforvait d'obtenir des membres de TEmpire les subsides indispensables à la résistance.
' Gevay, zum Jahre 1532, p. 87-88.
- (jEvay, zum Jalire 15SS, p- 31.
^ Lehensheschreibung, p. 32.
^ Heiation du 14 juin 1532, dans IIcnnERGER, XXI.
'•' Le 28 août lo32, les Turcs n'étaient plus qu'à deux milles de Vienne. Ltllre de riînipereur à .sa sœur ]\larie, Lanz, Correspondciiz, t. 11, p. 3.