‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 96 sur 572 · ALLIANCE DES PRINCES ALLEMANDS AVEC LA FRANCE · texte numérisé non relu

ALLIANCE DES PRINCES ALLEMANDS AVEC LA FRANCE

Zapoli était disposé à s'unir aux princes protestants, mais il était évident qu'il ne renoncerait jamais à cause d'eux à son alliance avec les Turcs; aussi était-ii superflu de le lui demander *.

Le 26 mai lo32, un traité signé à l'abbaye de Scheyern, en Bavière, unit la France, la Saxe, la Hesse et la Bavière. Le nombre de fantassins et de cavaliers qu'aurait à fournir chacun des alliés fut exactement déterminé. François I^"" s'engagea à déposer à Munich cent mille couronnes, pour couvrir les frais de la guerre -.

Il avait coutumededire : « Avec de l'argent, les princes allemands et leurs conseillersdcviennent tous traitables; moi et mes prédécesseurs, en avons constamment fait l'expérience 3. » Néanmoins, quand il s'agit d'acheter Georges de Saxe, il trouva la chose moins aisée qu'il ne se l'était ligure. Lui ayant fait offrir une pension de plus de cinq mille florins, il reçut de hii cette lîrre réponse: a J'entends n'être lié qu'envers un seul maître, l'Empereur, et, avant l'Empereur, j'obéis à Ditu^ »

Ainsi qu'ils s'y étaient engagés, les ducs de Bavière laissèrent les Français lever des soldats sur leur territoire (lo32j. Le duc Louis espérait qu'eu égard à son alliance avec la France le sultan, en envahissant l'Allemagne, épargnerait ses états ■>.

Exactement informé des immenses préparatifs de guerre de Soliman, instruit d'autre part par Zapoli des alliances du sultan avec la France et avec les princes allemands, Ferdinand se résigna, du consentement de l'Empereur et pour sauver l'Autriche et l'Allemagne d'une invasionde barbares, à céder toute la Hongrie auvoïvode, à la condition, toutefois, ([uece royaume lui reviendrait après la mort de Zapuli (novembre 1531). H lit donc offrir la paix à Soliman; mais celui-ci n'en voulut point entendre parler. H tenait à combattre l'Empereur, qu'il n'appelait jamais autrement « (jue le roi

' Lettre du 1" mai ioo2, Muffat, p. 204-207.

* Voy. Stumpf, p. 93-98, et le protocole des délibérations de Scheyrn, Urkundenbuch. p. 28-3i. Jusqu'à la fin de la guerre de Trente ans, on se faisait gloire, à la cour de Bavière, de l'amitié du roi de I^'rauce. François 1"' {1532-1534) appelait les ducs de Bavière« ses amis et ses alliés ». « 11 les honore de ses messages directs par l'entreaiise des ministres frani;ais les plus en possession de sa confiance, il leur promet formellement, tous les secours nécessaires non seulement pour le maintien de la puissance et de la liberté de l'Empire, mais encore pour l'augmentation et accroissement de leur propre fortune; à ces fins, il leur a déjà envoyé 100,000 couronnes. »Instruction pour le comte Gronsfeld et le docteur Krebs (1647). Voy. Arejis, Baijei-Jis Aitswurtige Ver/ialtnisse, Documents relatifs au premier chap., p. 3-4.

^ Relations secrètes, p. 19.

' Falke, MinckicUz, p. 4013-407, note.

'•' A Jérôme Lasky. Voy. .Muffat, p. 23.

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