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MINIATURISTES

Mais les plus admirables vitraux de celte époque sont ceux de Nuremberg, d'Ulm et de Cologne. Les verrières des deux églises principales de Nuremberg; (Saint-Laurent et Saint-Sébaldj passent pour les plus belles du monde. Veit Hirschwogel (né en 1451), issu d'une ancienne famille de verriers de Nuremberg, n'avait poiul de rival dans son art : le vitrail de Saint-Laurent où est représenté l'arbre généalogique de Jésus-Christ, la famille et les saints patrons du donateur, passe pour l'un de ses plus brillants chefs-d'œuvre (1193) '. A Ulm, les vitraux du chœur commandés par le conseil de la ville et exécutés par Hans Wild (i486), sont dignes, par l'éclat de leur coloris, de compter parmi ce que l'art a produit en ce genre de plus admirable. Les vitraux du coté nord, dans la nef de la cathédrale de Cologne, ont été exécutés entre 1507 et 1509 : ce sont les plus célèbres.

Les innombrables verrières qui ornaient les couvents ont été presque toutes détruites; nous n'en possédons plus que des débris, mais on peut encore voir à Ilirschau ce qui reste des grandioses peintures sur verre que Tri thème fit exécuter pour un chemin de croix, et qui ornaient les quarante fenêtres de la chapelle. Ces vitraux avaient été faits d'après les dessins de la Bible des Pauvres - (1481).

Les verriers ne décoraient pas seulement les églises, les chemins de croix, ils ornaient aussi les châteaux, les hôtels de ville, les salles de confrérie, les demeures patriciennes. Les plus grands artistes, Albert Durer et Holbein par exemple, fournirent souvent des cartons pour des vitraux de ce genre. « Autrefois, dit un écrivain d'Augsbourg, il n'y avait pas d'églises, pas d'édifice public, pas de maisons de bourgeois aisés où ne se trouvassent des vitraux peints'. » Or, ceci était vrai de toutes les grandes villes, surtout de celles du Sud, où la peinture sur verre était cultivée avec prédilection.

La miniature aussi produisit à cette époque des œuvres achevées. On avait alors tant de goût pour ce genre de peinture que les miniaturistes, les enlumineurs formaient dans beaucoup de villes des confréries particulières. L'ornementation des livres de prières

1 Sur Veit Hirschwogel, voy. Neudörfer, p. 147, et Lochner, p. 147-150. Voy. RîTTBEUC. Nürnberger Briefe, p. 136-138.

s Voy. LESSING, OEw:res complètes, t. IX, p 222-233.

* Voy. Wackernagel, Glasmalerei, p. 87-88, 169.

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par la miniature devenait toujours plus riche, et dans beaucoup de monastères, la plupart des religieuses possédaient des livres d'offices enluminés \ Les peintres les plus célèbres ne dédaignaient pas d'orner de miniatures ou de fins dessins à la plume le missel destiné à un grand personnage ou à un ami. Les vignettes du livre d'Heures de l'empereur Maximilien, par Durer, sont les chefs-d'œuvre de ce genre. On ne se lasse pas d'admirer leur goût délicat, leur merveilleuse richesse d'invention, leur sentiment religieux plein de profondeur, et en même temps le vif et spirituel enjouement qui s'y glisse à chaque instant.

Nuremberg, où habitait le peintre Glockendon et sa famille, Batisbonne, où Berthold Furtmeyer avait son atelier, étaient les centres principaux des miniaturistes. On avait surnommé ces deux derniers peintres les « princes de la petite peinture ». Le missel en cinq volumes exécuté par Furtmeyer * pour l'archevêque de Salzbourg, Bernard de Bohr, appartient aux œuvres les plus admirées en ce genre 3. L'artiste y a fait preuve d'une fécondité d'imagination extraordinaire. Les religieux Souabe avaient une grande réputation comme miniaturistes. Pierre- Jean Franck, moine du monastère de Saint-Ulrich, à Augsbourg, passait pour l'un des meilleurs enlumineurs de son temps4 (de 1472 à 1492) ; les Pères Conrad Wagner, Etienne Degen et Léonard Wagner (1489) partageaient ses travaux. Dans les monastères de Scheyern, les religieux Jean Keim, Maurice et Henri Molitor (1468), enrichissaient d'admirables enluminures les bréviaires et les livres spirituels de leur couvent. A Vornbach, le Frère Georges Baumgartner enlumina une histoire universelle. A Ebersberg, le Frère Vitus Auslasser peignit un herbier. A Nuremberg, la Mère Marguerite, religieuse carmélite, orna cinq volumes in-folio d'initiales et de peintures délicates. Dans la même ville, les religieux de Saint-François achevèrent entre 1491 et 1494 un graduel dont les miniatures furent célèbres à cause de l'habileté et du fini du dessin. Les grandes et belles miniatures du livre de lecture des Bénédictins de Saint-Étienne 5 sont ducs au Frère Jean Esswurm (1515) ,;.

Nous connaissons le nom de bien peu de ces moines miniaturistes. Mais ce que nous savons d'eux suffit pour nous permettre de constater que leur art modeste était resté familier et cher aux reli-

1 Sioiiart, p. 500.

- Bibliothèque de Munich.

' Sur la vie et les œuvres de Furtmeyer, voy. Sighart, Documents, t. VII, p. 145 jusqu'à 151. — Voy. Weingartner, Documents, t. VI, p. 249 jusqu'à 254. * Voy. Archiv, fur die Geschichte des Dislhums Augsburg, t. II, p. 79. b Bibliothèque de l'Université de Wurzbour};. 0 Voy. Siguart, p. G45-G56. — Esnen, t. III, p. 1017.

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