II PREFACE
Lorsque je vins me fixer à Francfort, dans l'automne de 1854, je commençai, sous les yeux et la direction de Böhmer, à faire des recherches sur la période dont les Registres des empereurs retracent les faits. Mais à partir de 1857 je me livrai presque exclusivement à l'étude des documents concernant l'histoire d'Allemagne à partir de la fin du quinzième siècle, et je restreignis mon plan à cette proportion. Mes recherches dans les archives de Francfort m'enrichirent de précieux trésors d'informations. Böhmer, dès 1836, m'avait signalé leur importance capitale au point de vue de l'histoire du moyen âge à son déclin. De 1863 à 1873, je fis paraître successivement deux volumes contenant les correspondances politiques conservées dans les archives de Francfort, et se rapportant à la période qui s'étend du règne de Venceslas à la mort de Maximilien Ier. Je les fis suivre de chartes, d'actes officiels ayant trait à la même époque. De 1873 à 1878, je donnai d'importants extraits des principaux documents historiques concernant l'espace de temps qui sépare la Réforme de la guerre de Trente ans. Je consultai aussi les archives, alors ouvertes au public, de Trêves et de Mayence; puis celles de Lucerne, de Zurich, de Wertheim, etc. Enfin, je mis à profit, dans les archives du Vatican, les renseignements si nombreux sur la guerre de Trente ans renfermés dans les pièces diplomatiques de la nonciature. Ainsi que je l'ai dit dans la préface de la quatrième édition de cet ouvrage, j'ai rassemblé pour les trois prochains volumes de mon ouvrage, qui doit en avoir six, des matériaux et dossiers d'archives extraits de plus de trois cents volumes infolio. Beaucoup de ces matériaux ont déjà été utilisés dans mon second volume, paru au mois d'octobre dernier.
Si, dès le début de mon travail, j'avais été frappé de la nécessité de mettre en relief plus qu'on ne l'a fait jusqu'ici l'histoire de la civilisation-, si j'avais résolu de mettre au second rang dans mon ouvrage ce qu'on est convenu d'appeler les événements importants, les actions d'éclat, c'est-à-dire les guerres et les batailles, et de concentrer tout l'intérêt historique sur le peuple allemand étudié dans ses états variés, dans ses destinées diverses, cette méthode me parut surtout nécessaire à suivre pour l'histoire du moyen âge à son déclin.