ATTITUDE DES PRINCES DANS LA QUESTION ÉLECTIVE
Dès le commencement de son règne, l'effroi le plus grand de Maximilien, l'idée qui lui avait été le plus antipathique, c'était de voir la royauté française s'emparer du trône impérial, et ravir à la nation allemande « l'honneur et la gloire de porter la suprême couronne de la chrétienté, honneur qui lui appartenait depuis tant de siècles. » La crainte de voir François Ier lui succéder avait même été jusqu'à lui suggérer l'idée d'abdiquer, d'adopter le roi d'Angleterre, Henri VIII, de lui donner l'investiture du duché de Milan, et de lui assurer la succession de l'Empire ' . Pendant les dernières années de sa vie, il eut l'amère douleur de voir les princes d'Allemagne aller au-devant des désirs du roi de France; mais ce qui lui fut le plus sensible, c'est que nulle famille princière ne se montra aussi zélée pour l'élection de François 1er que cette même maison des Hohenzollern , qu'entre toutes les autres l'Empereur avait comblée de bienfaits. En effet, Maximilien avait confirmé au prince électeur de Brandebourgs Joachim I,r, la tutelle expectative de la Poméranie et du Schleswig- Holstein; il avait accordé au prince de Hohenzollern, Albert (de la ligne franconienne), la dignité de grand maitre de l'ordre Teutonique; il s'était employé avec succès pour obtenir l'électoral de Mayence au prince Albert, frère de Joachim, et déjà évêque d'Halberstadt et archevêque de Magdebourg; grâce à lui, ce même Albert avait été promu au rang de primat d'Allemagne. C'était encore à Maximilien qu'il avait dû son élévation au cardinalat *. Par tant de faveurs et de services, l'Empereur avait espéré attacher étroitement les Hohenzollern à la maison souveraine d'Habsbourg.
Cependant, le 26 juin 1517, le prince Joachim,, par l'entremise de ses ambassadeurs, conclut avec François Ier, auquel il donne le titre de duc de Milan, une convention par laquelle une princesse française, sœur de la reine de France, est promise en mariage à l'électeur de Bran-
1 Pour plus de détails, voyez Höfler, Carl» V Wahl, p. 1-28.
2 VOV. W'altz, dans les Forschungen zur deutschen Geschichte, t. X, p. 215, note 4.