THÈSES DE LUTHER SUR LES INDULGENCES
En juin 1517, trois mois avant qu'éclatât la querelle des indulgences, le duc Georges manifestait déjà son effroi sur les conéquences qu'une telle doctrine pourrait avoir pour les fidèles, .orsque Luther, à Dresde, le 25 juillet, dans un sermon prêché à a prière du duc, assura que la seule application des mérites de ésus-Christ nous donnait la certitude du salut, et que toute personne •ossédant la foi ne pouvait plus douter aucunement de sa justification, e duc, le soir même, répéta plusieurs fois pendant le souper, avec m accent grave et triste, « qu'il donnerait beaucoup pour n'avoir ias entendu ce sermon; qu'un tel enseignement ne servirait qu'à lonner au peuple une fausse sécurité, et à le rendre incrédule ' ».
La doctrine de Luther, qu'il croyait pouvoir appuyer sur saint iiigustin, l'appelant à cause de cela confession augustinienne, prévaut dès 1516 dans toute l'Université de Wittemberg1.
Elle se propagea rapidement en Allemagne à partir du 31 octobre 1517.
Ce jour-là, Luther, à propos des sermons sur l'indulgence prêches >ar Jean Tetzel, Dominicain, fit afficher à la porte de la chapelle du hâteau de Wittemberg quatre-vingt-quinze propositions, ayant four but l'obtention d'une dispute sur l'efficacité des indulgences, 'ctzel, dont les fidèles goûtaient beaucoup l'enseignement, venait 'être nommé sous-commissaire apostolique par l'archevêque Albert e Mayence, avec mission d'annoncer et de prêcher, dans tuutc l'Allelagne du Nord, l'indulgence publiée par Léon X pour la construcion du dôme de Saint-Pierre3. Ses prédications étaient extrêmeicnt suivies. Dans l'une des instructions remises par lui de la part e l'archevêque aux curés de paroisses et aux confesseurs, il était xpressément recommandé aux fidèles désireux de participer à la ;râce de l'indulgence, de s'acquitter premièrement de leurs devoirs eligieux, de s'approcher du sacrement de pénitence, de recevoir la ommunion, et de jeûner la veille de leur confession. Les prédicateurs taient invités à mener une vie régulière, à éviter les hôtelleries, les réquentations suspectes et les dépenses inutiles *. Malgré ces précau-
1 Voy. Seidemann, Leipziger Disputation, p. 4-5.
9 Christophe Scheurl, juriste de Nuremberg, parle de la • confession augusinienne • dans une lettre à Luther, 2 janvier 1517. (Sckeurl's Briefbuch, t. II, p. I.j
Tbeologia nostra et S. Augustinus », écrit Luther le 18 mai 1517 à Jean Lange,
prospère procedunt et régnant in nostra L'niversitate Deo opérante. ■ De fSTTE, t. l,p. 57.
i Voyez plus haut, p. 65.
* Inslruclio summaria pro subcommissariis , pœnitentiariis et confessoribus. Voy. app, Sammlung, 117-184. Pour plus de détails sur cette instruction et sur ïs critiques qui m'ont été faites à ce sujet, voy. l'opuscule intitulé : Au meine
ritiker, p. 69-77, et Ein zweites Wort au meine Kritiker, p. 24-26.