‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 444 sur 630 · CARLSTADT PKÉCHE LE BRISEMENT DES IMAGES · texte numérisé non relu

CARLSTADT PKÉCHE LE BRISEMENT DES IMAGES

11 tenait le même langage dans ses sermons, où le peuple accou rait en foule. « Ceux qui autrefois n'allaient que rarement ou jamais entendre les prédications », rapporte un contemporain, « ne manquent maintenant aucun prêche1. » Carlstadt, d'accord en cela avec Gabriel Zwilling, exhortait le peuple à faire, de sa propre autorité, des changements dans le culte; il démontrait à son auditoire que « la confession était un commandement diabolique, issu

les p. B3-* et Fs, où sont exposés les motifs du culte des images ; c'est une de ses meilleuresdemonstrations.il ne prétend pasexcuserles abus. (Voy. p. Qa-3.) Il met au nombre de ces abus » les tableaux peu décents que les peintres exécutent de nos jours . - Mais lorsque nous contemplons les tableaux d'autrefois -, dit-il, nous n'en saurions tirer qu'édification. Tous les membres y sont couverts, et personne ne peut y trouver le prétexte d'un mauvais désir ou d'une pensée impure. Dieu châtiera nos peintres, il leur retirera leur mission s'ils n'abandonnent leur honteuse habitude. Je prie tous les pasteurs et prélats de l'Église de veiller, pour l'amour de Dieu, à ce que certaines mesures soient prises au sujet de ces tableaux; il faudrait en revenir aux décisions des Pères et des conciles, afin que les hérétiques n'aient plus aucun sujet d'insulter les images d'une façon si cruelle pour nous, et ne les mettent plus en pièces, comme cela est arrivé en quelques endroits » « Je crains fort que cette conduite des hérétiques n'ait d'autre but que le désir d'arracher complètement de nos cœurs le respect et le souvenir des chers saints. Ils ont dès longtemps enseigné qu'ils ne peuvent nous venir en aide ni prier pour nous; ils espèrent ainsi nous détourner de la confiance que nous avons en leur intercession, mais comme nous persistons dans notre créance, et qu'ils s'aperçoivent que les images, chaque jour sous nos yeux, ne nous permettent pas d'oublier nos saints, ils ne songent qu'à les détruire. Ainsi fait non-seulement Carlstadt, mais encore son maître Luther. Car Luther a beau reprendre ses moines, les blâmer d'avoir si vite fait disparaître les images (ce qui veut dire qu'ils eussent dû cacher et retarder encore un peu leur jeu, jusqu'à la conclusion de la diète de Nuremberg), il ne peut cependant nous dissimuler ce qui se passe en son cœur d'hérétique, et il nous avoue qu'il faut s'efforcer d'ôter de l'esprit des gens le goût des images coloriées, et que peu à peu, par la force même des choses, on les verra disparaître. Mais je ne doute pas que les vrais chrétiens ne ferment l'oreille à ces discours creux et vulgaires. L'Église chrétienne ne cédera pas sur ce point. Et puisque Luther lui-même fait peindre son précieux visage et permet la vente publique de son portrait, pourquoi l'Église ne tiendrait-elle pas en dignité et en honneur les images de ses saints bien-aimés? •< Qui a jamais compris, enseigné ou écrit autre chose sinon que Dieu seul donne la grâce, le secours, la consolation, le salut et la béatitude? Dieu est l'unique source d'où jaillit tout bien, d'où découle tout ce qui est bon au ciel et sur la terre! Mais pourquoi conclure de là qu'avec l'Église chrétienne nous ne puissions réclamer le secours et l'intercession des saints, et dire de tout notre cœur : Saint Pierre et saint Paul, priez pour nous! » Dieu demeure la source de toute grâce, mais cette grâce s'écoule aussi par les précieux ruisseaux et canaux de la communion des saints. Tel est l'ordre divin ; mais les hérétiques, en gens aveugles et obstinés qu'ils sont, ne veulent ni le voir ni le reconnaître, aussi s'opposent-ils violemment à la vénération, au souvenir et aux images des chers saints; et pourtant, nous les honorons de telle sorte que Dieu n'est aucunement lésé dans le divin honneur qui lui est dû, et qu'il lui en revient au contraire plus de gloire » « Les laïques, qui tous les jours entendent et reçoivent sur ce point et sur beaucoup d'autres la saine doctrine chrétienne, ne sont pas assez niais pour placer leur consolation ou leur espérance dans les images; et si, en souvenir des chers saints, ils leur sont dévots et attachés de cœur, cela ne saurait leur être imputé à idolâtrie. » 1 Jager, Carlttadt, p. 260.

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