‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 465 sur 630 · CONSÉQUENCES DE LA DÉFAITE DE SICKINGEN ET DE SON PARTI. 2G · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES DE LA DÉFAITE DE SICKINGEN ET DE SON PARTI. 2G

Avec Sickingen et Hütten, la chevalerie révolutionnaire perdait « ses chefs et ses guides ». Au bout de bien peu de temps, il ne fut plus question de tant de vastes plans formés par les chevaliers pour le renversement de la constitution de l'Empire.

Les princes alliés s'emparèrent de tous les châteaux forts de Sickingen, dont la plupart furent brûlés. Après leur complète victoire, ils formèrent entre eux une nouvelle alliance pour le maintien de leurs conquêtes, qu'ils s'engagèrent à défendre « de leurs corps et de leurs biens1 ». Peu après, la ligue abattit l'orgueil de la chevalerie de Franconie. Pendant les mois de juin et de juillet 1523, plus de vingt châteaux de brigands furent rasés par ordre des princes*. « Mais ce qui est bien regrettable, c'est qu'on ne put jamais mettre la main sur Hans Thomas d'Absberg, et châtier comme il eût mérité de l'être ce coupeur de mains et de pieds3. »

C'en était fait de l'indépendance politique de la petite noblesse;

plus invoqué que la déesse Fortune ». Strauss dit en parlant de ses tendances athées (t. II, p. 314) : ■ Nous trouverons dans les dernières lettres plus de citations tirées des poètes classiques que de sentences empruntées à la Bible. Voyons ici simplement le retour de Ilutten à sa nature primitive, aux souvenirs de son éducation d'humaniste. Son commerce avec Luther et les luthériens avait donné à son langage un vernis chrétien, mais ce vernis disparut dès que, tombé dans la détresse, il resta livré à lui-même. » Sur la conduite peu généreuse d'Érasme à l'égard de Ilutten, même après la mort de celui-ci, voy. Drummond, t. II, p. 146, fll. 158.

1 Ulmann, p. 394.

* Pour plus de détail sur la guerre de Franconie, voy. Baider, p. 70-91. — Voy. de Schrekenstein, 2", p. 250-251. — Voy. aussi la liste ■ des nids de brigrands détruits », dans IIöfler, Fränkische Studien, t. VIII, p. 258. — L'archiduc Ferdinand et le Conseil de régence cherchèrent à empêcher les répressions des princes. Voyez Jonc, p. 71, où, tirés d'une lettre du chancelier bavarois Léonard d'Eck, sont exposés les motifs de cette campagne Mais les princes n'avaient rien à faire avec un personnage comme Hans Thomas d'Absberg. Il fut procédé par décrets et arrêtés de justice contre ce misérable. » Voy. Ulmann, dans la hnacr Lileraturzcilung, 1874, p. 727.

3 Hans Thomas d'Absberg, étroitement uni au duc banni Ulrich de Wurtemberg, dont on parlera dans la suite, poursuivit en paix la série de ses atrocités jusqu'en 1531, où il fut assassiné par un Juif, son plus intime ami et son hôte, auquel il confiait ordinairement le fruit de ses rapines. • Cet homme le fit boire, de sorte qu'il s'endormit à table. L'autre lui porta alors un coup au cœur avec une arquebuse courte, et, secondé par un autre Juif, l'acheva à coups de bâton comme un chien enragé, avant qu'il ne se fut bien réveillé; il le fit ainsi mourir dans ses péchés, puis il traîna son cadavre dans un champ de blé, où il fut plus lard déterré par des chiens, déjà tout empesté et mangé des vers. » Baadeh, p. 530. Sur les tortures infligées aux prêtres qui tombaient au pouvoir de ce misérable et de sa bande, voy. Baader, p. 144, 179, 383, 414.

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