RÉPONSE DES ETATS AUX DECLARATIONS PAPALES
Une commission élue par le Conseil de régence pour préparer une réponse au Saint-Père, commission où les partisans de Luther avaient la prépondérance, rédigea un mémoire qui portait en substance : qu'il était impossible de procéder contre Luther par voie de rigueur; que si Ton usait de sévérité envers lui, ses partisans crieraient aussitôt à l'oppression tyrannique de la vérité évangélique et au maintien des abus; qu'il n'en résulterait que révolte et apostasie. La commission dictait au Pape les moyens à prendre pour arrêter le mal : il devait s'engager à respecter les concordats , donner satisfaction aux griefs formulés contre la cour romaine; surtout ne plus exiger d'annates, mais, à l'avenir, en faire la remise au lieutenant impérial et au Conseil de régence. Sans l'adoption de ces mesures il était inutile d'espérer que la paix, le droit et l'ordre pussent être restaurés en Allemagne. Les laïques devaient avoir droit de siéger et de voter au concile, qui serait convoqué pour l'année suivante, avec l'assentiment de l'Empereur. Dans ce concile, on délibérerait en général sur toutes les questions religieuses et sur tout ce qui était d'utilité publique. Si le Pape approuvait ces conclusions, le Conseil promettait d'agir auprès de Frédéric de Saxe, afin qu'il obtint de Luther que dorénavant ni lui ni ses partisans n'écrivissent et n'enseignassent aucune chose pouvant fournir au peuple le moindre prétexte à la révolte ou au scandale. L'Évangile et l'Écriture sainte, d'après les textes approuvés par l'Église et d'après le sens littéral, seraient seuls enseignés; les archevêques et évoques exerceraient sur ce point une sévère surveillance, secondés par les théologiens les plus éclairés. Outre cela, chez tous les imprimeurs et libraires « on aurait l'œil à ce que nul écrit pouvant exciter des querelles religieuses ne fut imprimé ni livré au public ' ».
causa del Luther hatanto radice qui che mille homini non bastaria ad eradicarle non che so che sono solo, pur faro che si potro. Non si mancano minaccie, injurie, libelli famosi et tutte quelle villanie che sono possibile ad supportare, lo credo che la cosa homai sia tanto inanli, chella non possi andare più. • Sur les hérésies toujours grandissantes, il ajoute : « Adesso hanno incominziato ad predicare chel sacramento de lo altare non è vero sacramenio et chel non si deve adorare, ma sola si deve far in memoria de Christo. Item hanno suscitato che la B. Vereine non heblie alcuno merito havere portato Christo nel sacrato utero et chella paitori più figlioli de .loseph, et ogni ziorno vanno del male in peggio. » IIöfler, Zur Kritik und Quellenkunde, t. II, p. 143. — Voy. aussi un mémoire adressé par le légat aux Ordres : il voit dans le trouble qu'ont produit les doctrines de Luther la véritable cause du mauvais état des affaires d'Allemagne. Une chronique luthérienne écrile à Nuremberg commence le récit de la mission de Chieregato par cc.n paroles : ■ Anno 1522 : Le diable dirigea une fois de plus un légat romain vers Nuremberg; il était envoyé par Adrien, pape maudit. Depuis ce moment, la doctrine de Luther est joliment arrangée! mais le démon a vu ses espérances déçue>, car les paysans ne sont pas plus bètes que d'autres, et ils ont vu clair dans toutes ses ruses. » Höfler, Adrien VI, p. 365.
1 Voy. ce rapport dans les archives de Francfort, Reichstagsacten, t. XXXVIII, fol. 99-109. — Voy. Hoi-ler, Adrien VI, p. 279-280.