‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 492 sur 630 · INTRIGUES DE LA POLITIQUE FRANÇAISE EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

INTRIGUES DE LA POLITIQUE FRANÇAISE EN ALLEMAGNE

qu'elle s'engagerait à ne fournir aucun secours à Charles-Ouint pendant la guerre d'Italie, et l'aiderait à reconquérir le Milanais1.

« Les menées du roi de France >•, écrivait Charles de Bodmann à Rome (19 mars 1524), « sont si multipliées, que l'on doit sérieusement craindre que pour susciter des embarras à l'Empereur et à l'archiduc, affaiblir autant que possible l'Allemagne et fomenter parmi nous des dissensions toujours nouvelles, il n'exploite jusqu'aux troubles religieux qui nous divisent, et ne s'efforce de les rendre incurables. Dans les cités libres, qui ne sont préoccupées que de leurs intérêts commerciaux, il se fait de nombreux partisans"2. •> Quelques députés des villes impériales, ayant sollicité de lui une audience privée à Lyon3, lui apportèrent l'assurance ■■■ que leurs maures se comporteraient envers lui de telle manière que Sa Majesté y prendrait plaisir. Elles priaient le Roi de ne pas faire expier aux villes ses démêlés avec l'Empereur I1G novembre 1523). Elles feraient tout ce qui était en leur pouvoir pour s'acquitter très-humblement envers Sa Majesté Royale delà reconnaissance qu'elles lui devaient, * François répondit aux députés, avec lesquels il s'entretint pendant une heure « très amiablement et débonnairement », que les villes ne seraient pas moins respectées et protégées par la couronne de France que les cités françaises elles-mêmes, et qu'elles n'avaient aucun danger à redouter. « Rapportez tout ceci aux villes que vous représentez », dit-il en terminant l'audience, durant laquelle il avait donné de fréquentes marques de son ressentiment contre l'Empereur, et lui avait attribué toute la responsabilité de la guerre.

Or cette responsabilité, l'Empereur, à bon droit, la repoussait énergiquement. Il écrivait à Ferdinand, le 16 janvier 1524, dans une lettre confidentielle : « Mon frère, vous savez assez, et il est à tous notoire, comme toujours mon désir et principale affection a esté d'avoir et entretenir paix et repos en la chrétienté. Et tout ce que j'ay faist et faist présentement n'est sinon tendant à l'effect

son dans toutes les villes et châteaux du cointat de Mömpelßard, resté en sa possession. Pour l'achat de la forteresse de llohentviel, qui devait servir de point d'appui aux entreprises d'Ulrich, celui-ci reçut de François 2, 000 couronnes (Sonnenkronen;. D'après une déclaration de l'Empereur (sept. 1522;, le duc avait reçu de François pendant les trois derniers mois 8,536 couronnes; pourtant il se plaignait constamment de la parcimonie de la France. Hkyu, Ulrich, Hertzog von Württemberg, t. II, p. 132-135.

1 Voy. Haberun. t. X, p. 554. L'ambassadeur de Charles-Quint, Hannart, mande à l'Empereur le 13 mars 1524 : » Le roi de France a puis aucun temps en ça escript bonnes et gracieuses lettres aux villes impériales, pour gangnyer leur bonne voulunte, et par ce destorber quilz ne vous donnent assistence contre luy. » Lanz, Correspondent, t. I, p. 105.

s Voy. plus haut, p. 162, note 5.

3 Sur leur retour en Allemagne après leur entrevue avec l'Empereur au sujet de la douane d'Empire, voy. plus loin, p. 332-333.

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