‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 491 sur 630 · GUERRES EN ITALIE ET EN FRANCE · texte numérisé non relu

GUERRES EN ITALIE ET EN FRANCE

« Toute l'Europe se ligue contre moi et jure ma perte », déclarait François l" à l'assemblée des Etals de Paris; « mais je suis assez fort pour la braver. Je ne crains pas l'Empereur, car il n'a point d'argent; je ne crains pas le roi d'Angleterre, car les abords de la Picardie sont bien gardés. Je ne crains pas les Flamands, car ils sont mauvais soldats. J'irai moi-même en Italie, je m'emparerai de Milan et ne laisserai rien à mes ennemis de ce qu'ils m'ont ravi. » « Je ne serai à mon aise », écrivait-il le 20 août 1523 à Montmorency, « que lorsque j'aurai franchi les Alpes avec mon armée '. »

Mais craignant que le duc de Bourbon, dont les intrigues lui avaient été découvertes, ne soulevât les populations françaises au moment même où les troupes espagnoles et anglaises se préparaient à envahir ses Etats, il resta néanmoins chez lui, et se contenta, vers la fin d'août, d'envoyer l'amiral Bonnivet en Italie avec une armée considérable. En même temps la guerre éclatait eu France. Une armée anglo-flamande, commandée par le duc de Suffolk et le comte de Buren, pénétrait jusqu'à l'Oise, à onze lieues de Paris, et jetait l'épouvante dans la capitale. Les Espagnols envahissaient au même moment le Béarn et la Guyenne, et les Allemands, commandés par les comtes Guillaume et Félix de Fürstenberg, pénétraient en Bourgogne et en Champagne. Nulle part une action décisive n'eut lieu, mais partout le peuple eut horriblement à souffrir des ravages de la guerre, et, pour comble de malheur, « un incendie horrible, universel, semblait prêt à éclater de tous côtés ».

Pour propager en Allemagne aussi ce redoutable incendie, François I" pressait le duc proscrit du Wurtemberg, Ulrich, alors à son service, d'exciter une émeute parmi les paysans, et de tenter avec leur secours de recouvrer son duché. Pour l'y aider, il lui promettait une importante somme d'argent 2. François s'efforça aussi de faire entrer dans ses vues Jean 111 de Clèves (novembre de la même année), et à cette fin lui envoya de riches présents. Dans une assemblée des États de la ligue souabe, à Ulm, il fit parvenir un message au délégué d'Augsbourg par un de ses agents politiques. Il assurait à la ville de grands avantages commerciaux, mais à la condition

tanquain régi Franciae fideliter serviet atque obediet ». Rradford (Correspondence of l/ie emperor Charles l', London, 1850, p. 51) fait, observer que Ce ne fut pas l'Empereur qui fit au connélable les premières propositions. Rourbon, comme les documents du temps l'établissent clairement, • was himself the first to court an alliance, which slamped bim a rebel and traitor • . Rourbon est bien en effet un Iraître et un rebelle.

'llOFLKR, Cari V und Adrian VI, p. 64-65.

2 " Relation de Clément Kndres, 18 octobre 1523. Trierische Sachen und Briefschaften, fol. 69. D'après la teneur de ce contrat, signé le 29 mars 1521, le duc entrait au service du roi de France, et lui concédait droit d'entrée et de garni-

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