DEPUTATION DES DÉLÉGUÉS DES VILLES LIBRES A CHARLES-QUINT
Par des assurances de ce genre, ils avaient su se concilier l'Empereur, qui n'avait « rien plus à cœur que le maintien de la religion catholique et l'unité de l'Église ' ». Des « témoignages de gratitude » offerts aux conseillers impériaux rendirent aussi » de fort bons offices2 ». Les députés, il est vrai, ne purent obtenir une réponse définitive, tout devant d'abord être soumis aux décisions de la Diète qui allait s'ouvrira Nuremberg; mais ils partirent « remplis d'espoir et fort consolés ». L'Empereur leur avait donné secrètement à entendre « qu'il était très-porté à favoriser les villes libres préférablement aux autres Ordres ; il leur avait assuré que, sans les nécessités actuelles de la guerre, il se fût immédiatement appliqué à régler leurs intéréls d'une façon « vraiment équitable et royale ». Il n'entrait ni dans ses idées ni dans ses plans de laisser passer la loi sur les douanes. Il souhaitait fort prendre lui-même le pouvoir en main, instituer un lieutenant impérial énergique, établir un tribunal suprême, imposant, respecté, afin que, dans le Saint-Empire, la paix, le droit et le pouvoir exécutif eussent de fermes soutiens. Il avait l'intention de régler les choses de telle sorte, de concert avec les Ordres et le Conseil de régence, que dorénavant, dans les questions de monopole et de commerce, rien ne put être décidé ni avoir force de loi sans que Sa Majesté en eût pris préalablement connaissance. Tout devait d'abord lui être expédié, et ce qu'il trouverait d'illégal, il était résolu à l'annuler. Restreindre l'action du commerce n'entrait point dans ses vues : « Si les villes voulaient lui prêter un loyal appui, soit par des secours d'argent, soit autrement, elles pourraient toujours et partout attendre de lui et de ses chargés de pouvoir un gracieux et favorable accueil. Ou aviserait à écarter la loi sur les douanes. Les villes pouvaient se confier en ces assurances '. »
Le 23 août 1523, l'Empereur remit à son conseiller Jean Hannart, chargé de le représenter aux Etats de .Nuremberg, une instruction
se réunirent à Lyon. Les pourparlers de Valladolid se prolongèrent jusqu'au 24 août. Voy. les détails sur ces négociations dans les archives de Erancfort. Erber Frey-und Keichstele Abschiede der iare 1523-1542. Voyez-en la relation dans HÔFLEft, Betrachtungen über dus deutsche Studteicescn, p. 214-219.
' Comme les délégués des villes le reconnaissaient eux-mêmes, d'après un rapport de Clément ElldreS, datée du 11 mars 1521. Trierischen Sachen und Briefschaften, fol. 71.
5 Le conseiller impérial Jean Hannart reçut 500 florins, et les trois autres conseillers impériaux avec lesquels les déléyués eurent à traiter, 200 florins. Hannart promit aux députés de se montrer et de demeurer po^ir elles « un protecteur chaudement dévoué à leurs intérêts, et de travailler à écarter toute mesure pouvant leur être contraire. » Lettre d'Hamann de Holzhausen, 12 février 1524, Heichitaqsacttn , t. XL, fol. 10. Abschiede der Iteichslodte ,
3 Voy. les pièces citées plus haut, p. 334, note 1, et la lettre d'Hamann de Holzhausen, du 28 janvier 1524. Reichstagsacten, t. \L, p. 4