ÉTAT DE L'ALLEMAGNE
Diète, et pourraient disposer d'une voix, mais que leur vote n'aurait lieu qu'après celui des comtes et seigneurs, et à la condition expresse que, comme les autres Ordres, ils s'engageraient à ne rien rapporter au dehors de ce qui se passait aux assemblées. Cette concession « ne fut nullement du goût des députés urbains ». Ils répondirent que la plus grande partie des leurs avaient déjà quitté Nuremberg, et qu'il leur était impossible de donner les mains à la proposition qui leur était faite : de retour chez eux, ils « soumettraient la question à leurs maures1 ». Quanta consentir à contribuer en quoi que ce soit à l'entretien du Conseil de régence, ils déclaraient en être « bien éloignés* ».
D'aucun côté n'arrivaient les sommes indispensables au fonctionnement du Conseil, qui venait d'être transféré à Esslingen, et dès 1524 semblait bien près d'être dissous 3.
Pour les monopoles, rien d'essentiel ne fut décidé. On se borna à renouveler les anciennes défenses, avec injonction de les prendre cette fois en sérieuse considération et de les observer de la manière « la plus pratique, la plus raisonnable, la plus conforme au droit ».
Les discussions sur les sociétés commerciales eurent aussi trèspeu de résultat, bien que pour cette fois les délégués des villes se fussent déclarées « prêts, avec le concours des autres Ordres », à abolir les « grandes compagnies* ».
Les discussions dont le Conseil de régence avait été l'objet avaient duré si longtemps et avaient été tellement orageuses, que pour toute autre question « il restait fort peu de temps ». Selon l'usage, tout fut « relégué sur le grand banc », c'est-à-dire à la prochaine Diète. Ouant à la résistance si nécessaire qu'il s'agissait d'opposer à l'invasion turque, on décida d'employer aux nécessités de la guerre la moitié des sommes consenties à Worms pour l'expédition romaine. « Mais on s'apercevra bien vite, et dans un temps prochain », prédisait un témoin de tous ces débats, « que ce plan, non plus que les autres, n'amènera aucun résultat appréciable5. »
Tout semblait concourir à la ruine de l'Empire.
Ferdinand écrivait à son frère, en lui exposant le lamentable état de l'Allemagne °, que les fonctions dont il était investi rapportaient
1 *Beichstagsaclen, t. XXXIX, fol. 297-298. Voy. UÖFLER, Deutsches Städtewesen, p. 222.
2 * Clément Kndres, le 5 avril 1524, Trierischen Sachen und Briefschaften, fol. 75. 1 Voy. Buciiholtz, t. II, p. 68-71.
* * Clément Kndres, voy. note 2. Ilamann de Ilolzhausen, 12 février 1524, dans les lieichstagsacten, t. i.x, fol. 10. Seule, Augsbourg protesta contre cette proposition. Le 28 j.mvier, écrivait Ilolzhausen, les délégués des villes se sont montrés disposés à abolir les monopoles, parce que l'article principal de la proposition portait : « que d'eux était venu tout le mauvais vouloir des princes, comtes et chevaliers contre les cités. •
5 * Clément Kndres, 13 mai 1524, Trierischen Sachen und Brief sc haften, fol. 79.
8 CHMEL, Ferdinands Instruction für Carl von Burgund, 13 juin 1524, p. 101-122.