‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 509 sur 630 · UNION DE RATISBONNE · texte numérisé non relu

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prélats avaient juré de faire exécuter l'édit de Worms dans leurs États, autant que cela serait en leur pouvoir et selon l'engagement qu'ils en avaient pris à la Diète de Nuremberg. Ils avaient aussi promis de

firent publier un édit sévère contre les luthériens. Pour motiver leurs rigueurs, ils s'efforçaient de démontrer à leurs sujets que de l'Évangile de Luther on ne pouvait attendre que le bouleversement de toutes les lois divines et humaines, et qu'il pouvait causer une irréparable et grave confusion dans les choses de la foi. La correspondance des ducs avec le docteur Jean Eck, leur ambassadeur accrédité à Rome, prouve sans réplique que les offres du Souverain Pontife n'eurent lieu qu'après que le Pape leur eut témoigné la satisfaction que leur conduite lui causait, et avoir reçu d'eux plusieurs de leurs suppliques. (Voy. la dépêche du duc Louis à son frère le duc Guillaume, 6 novembre 1522, dans Joug, p. 323.) Le docteur Eck obtint l'année suivante les brefs du Pape qu'avait sollicités la Bavière (des 1er et 12 juin 1523). Entre autres avantages, le Pape abandonnait aux ducs la cinquième partie des revenus ecclésiastiques, à con dition que cet argent serait affeclé à la guerre contre les infidèles . « contra perfidos orthodoxae fidei hostes », ce sont les propres termes du bref. « Les dépèches du docteur Eck, dit Hegel (p. 375), démontrent avec évidence que ces paroles désignent les Turcs, et non les luthériens. » Hegel ajoute dans un louable esprit d'impartialité : « Ce ne sont donc pas des avantages demandés et obtenus postérieurement qui ont pu décider les princes bavarois aux rigoureuses mesures qu'ils crurent devoir adopter pour combattre la doctrine luthérienne et ses partisans; il faut nous en tenir simplement aux motifs exposés dans leur ordonnance : les ducs déclarent que de la doctrine luthérienne ne peuvent sortir que le bouleversement de l'ordre établi et l'anarchie religieuse. • Eck, dans le voya; e qu'il fit à Rome au printemps de 1523, avait reçu les graves plaintes des ducs sur l'apathie des évéques bavarois qui ne prenaient aucune mesure pour empêcher la nouvelle doctrine de pénétrer dans le pays. Lorsqu'on leur amenait des prêtres accusés de l'avoir prêchée publiquement afin qu'ils sévissent contre eux, les évéques se montraient totalement indifférents, et l'étaient également lorsqu'il s'agissait de réprimer l'inconduite et les scandales de leur clergé. Le pape Adrien autorisa une commission composée de six abbés bavarois et de trois doyens à dégrader les prêtres convaincus d'hérésie, et à les livrer au bras séculier, si les évéques n'avaient déjà fait leur devoir dans un délai fixé (12 juin 1523). En même temps, Adrien faisait de libérales donations à l'Université d'Ingolstadt, et surtout à la faculté de théologie, afin de la mettre en état de rétribuer des hommes éclairés et savants, exercés à la controverse. Il donnait aussi aux ducs le droit de proposer pour un canonicat, à chacun des chapitres des principales églises de Bavière, un des professeurs de théologie dlngolstadt. L'iuslruciion remise par le duc Guillaume au docteur Eck portait que l'erreur luthérienne, qui allait toujours grandiss.nt, ne pourrait être extirpée sans grand labeur et fatigue, et avant tout par la grâce du Tout-Puissant, et que les théologiens, docleurs dans les sciences sacrées, devaient travailler à la détruire. « Mais dans notre Université d'Ingolstadt, disait le duc, nous n'avons plus a présent que deux théologiens. On y enseigne surtout le grec, l'hébreu et la poésie. A cause du mouvement luthérien qui trouble les esprits, les étudiants ecclésiastiques et laïques sont bien plus attirés vers la poésie que vers l'étude de la sainte Écriture. Aussi la fausse doctrine gagne-l-elle tous les jours du terrain. » Le duc demandait que quatre théologiens fussent adjoints aux deux professeurs déjà en fonction pour l'enseignement public de la philosophie et de la sainte Écriture. (Joug, p. 323-325.) Le gouverneur, les autorités et conseillers du duché de Wurtemberg s'expriment à peu près dans les mêmes termes dans un rescrit adressé à l'archiduc Ferdinand (2 juin 1524). lis se plaignent surtout de l'extrême indulgence des évéques pour les prêtres convaincus d'hérésie. Ce rescrit demandait encore que tous les prêtres hérétiques fussent privés de leurs bénéfices, et proscrits, et que leurs emplois et prébendes fussent

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s'opposer dans l'intérieur de leurs domaines à toute innovation religieuse. Nul changement ne serait toléré dans le culte; les religieuses et les moines sortis de leurs couvents, les prêtres apostats mariés seraient punis selon toute la rigueur des lois ecclésiastiques, les préceptes du jeune strictement maintenus, les écrits des sectaires et tous les livres blessant le respect du à la sainte foi catholique, interdits. Les étudiants de Wittemberg, placés sous la juridiction des princes souverains, seraient obligés de retourner dans leurs pays respectifs, sous peine de perdre leurs bénéfices ou leurs biens. Ouiconque, dans les États de l'un des princes, aurait été proscrit pour cause d'hérésie, ne pourrait trouver asile dans aucun autre territoire. Par cette convention, en tout conforme à leurs devoirs envers l'Église et l'Empire, les princes ecclésiastiques et temporels s'engageaient à maintenir dans toute son intégrité l'unité de la foi dans la nation allemande, et à assurer la paix dans leurs propres Etats. « Et si l'un ou plusieurs d'entre nous », déclaraient-ils, « à cause d'un dessein si chrétien, éprouvait quelque contradiction ou quelque désobéissance et révolte de la part de ses sujets, nous nous engageons à lui apporter aide et conseil. ■■ Toutefois les princes se réservaient le droit de contracter d'autres alliances en dehors de leur association particulière.

Mais en s'unissant de la sorte, ils ne se proposaient pas seulement de protéger la foi dans leurs territoires, ils avaient surtout l'intention de travailler à la « véritable réforme de l'Église ». Déjà, lors de la Diète de Nuremberg, un légat du Pape avait rédigé un projet touchant l'abolition des plus graves abus et la restauration de l'antique discipline ecclésiastique; ce projet avait été discuté pendant seize jours consécutifs, et avait enfin été adopté comme devant à l'avenir avoir force de loi pour le clergé. Voici quels en étaient les points essentiels : « Aucun prêtre ne serait consacré avant d'avoir subi un examen sévère, ni avant que son instruction et sa vie privée aient témoigné suffisamment de ses titres à la prêtrise. Les clercs seraient tenus de mener une vie conforme à leur état, de se vêtir d'une façon « honorable », d'éviter les auberges, les théâtres, les banquets, de renoncer à tout commerce, de ne jamais refuser pour un motif d'intérêt les sacrements ou la sépulture chré-

donnés «à de bons chrétiens, craignant Dieu ». Archives de Lucerne, Convolut : Wurtemberg, Kirchentachen. Sur l'indifférence des évéques pour les questions intéressant la foi, voy. plus haut, p. 218. « L'épiscopal allemand, surtout les évoques issus de familles nobles, princières, ou élus par l'arbitraire des grands, joua un rôle si pitoyable dans la grande révolution du peuple allemand, qu'on se demande continuellement en lisant l'histoire de ces temps troublés : Mais où donc étaient, en ce temps-là, les évoques d'Allemagne? • Höfler, aérien 11, p. 302.

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