UNION DE RAT IS BON NE
États la prompte convocation de ce concile, et s'employer à cet effet auprès du Saint-Père '.
L'opiniou de Ferdinand sur l'assemblée de Spire correspondait de tout point aux propres sentiments de l'Empereur; aussi fit-il immédiatement publier un édit qui l'interdisait formellement (juillet 1524). L'Empereur exprimait en même temps tout son mécontentement de ce que les Ordres, en leur propre nom, eussent conféré avec le légat touchant la convocation du futur concile, comme si cette question n'intéressait pas en premier lieu le Pape et l'Empereur romain. Il allait s'efforcer d'obtenir du Saint-Père la prompte réunion du concile, auquel lui-même avait l'intention de prendre part. En attendant, les Ordres devaient, s'ils ne voulaient se rendre coupables du crime de lèse-majesté et encourir par conséquent la peine du ban, observer exactement l'édit de Worms, et fuir toute nouveauté religieuse -.
Avant la publication de ce second édit, et grâce aux instances et aux démarches actives du légat Campeggio, une entente avait eu lieu à Ratisbonne entre l'archiduc Ferdinand, les ducs Guillaume et Louis de Bavière, et douze évèques de l'Allemagne du Sud 3. Ces princes et
1 CHMEL, Ferdinand?* Instruction für Carl von Burgund an den Kaiser, p. 140-142.
s Kescril du 15 juillet 152Î au Conseil d'ESSlingen, Frankfurter Reichstugsacten,
t. XL, fol. 41-47. Voy. la reproduction quelque peu inexacte de ce rescrit dans Walsch, t. XV, 2705-2709. Voy. Rmjnaid ad annvm 1524, n0« 12-22. Les conseillers de Nuremberg, Jérôme Ebner et Gaspard Niitzel, envoyèrent le 20 septembre une copie de ce rescrit à l'électeur de Saxe Frédéric. Celui-ci leur répondit (3 octobre; qu'un délégué du Conseil de régence lui avait envoyé d'Esslingen, il y avait de cela quatre jours, un rescrit tout semblable, « mais que le passage ayant irait au crime de lèse-majesté et au châtiment du ban avec privation et suppression de ton-, privilèges et libertés, etc., y avait été omi> . Walsch, t. W, p. 2709-271 1. Le Con>eil de régence s'était donc permis d'altérer à sa guise un rescrit imperial. Plu* tard, Frédéric s'excusa auprès de l'Empereur de n'avoir pas tenu compte de ses ordres, en lui assurant qu'il n'jvait pris aucune part aux décisions de la Diète de Nuremberg concernant la religion, et s'était borné à protester par l'organe de ses délégués. Voy. Iïaberli.n, t. \, p. 623.
3 Du côté des catholiques, on célébra comme un triomphe l'accord que le légat Campeggio était arrivé a conclure entre ces princes, malgré la rivalité et les nombreuses querelles qui divisaient alors les maisons de Wittebbach et d'Autriche. La cour de Bavière avait déjà proposé une ligue semblable, dès les premier, mois de 1523 (loue, p. 320). L'affirm;ition si souvent répétée que le zèle des ducs de Bavière pour le maintien de l'ancienne foi n'avait eu pour mobile que les brillantes promesses du Pape, est erronée. Jusqu'au 5 mars 1522 l'édit de Worms n'avait pas été exécuté en Bavière; mais ce jour-là les ducs