SCANDALES ET ABUS DANS LE CLERGÉ
nouveau clergé est bien loin de ressembler à l'ancien, sous le rapport des mœurs, comme sous celui de l'instruction. On ne peut s'expliquer l'insouciante négligence de tant d'évéques qui, en dépit des faits qu'ils ont tous les jours sous les yeux, continuent à mener une vie fastueuse, restent plongés dans la mollesse et le bien-être, et s'attirent fréquemment le reproche d'être moins préoccupés du soin de paître leurs troupeaux que de celui de les écorcher. Ils sont probablement d'autant plus désireux dejouir de leurs richesses qu'ils se sentent plus menacés de les perdre '. »
Sous le rapport du bien vivre, le luxe avait encore augmenté dans plus d'un palais épiscopal depuis les paroles prononcées en plein synode par Christophe de Stadion, évêque d'Augsbourg : A la table de ceux qui accaparent maintenant les dignités épiscopales et les hautes charges de l'Église », avait dit ce prélat, « on voit circuler les mets les plus délicats, les plus raffinés; les vins qu'ils font venir à grands frais des pays éloignés coulent à flots dans les festins; on les diversifie savamment, pour mieux flatter le palais blasé. Des serviteurs nombreux se tiennent derrière le siège des hauts dignitaires de l'Église, tous grands amateurs de bonne chère; quelquesuns portent les plats, d'autres dégustent les vins, d'autres encore font briîler des parfums ou agitent les éventails. Je ne puis m'empêcher de verser des larmes à la pensée de pareils abus. Les prélats ne vivent que pour flatter leurs corps; ils fuient la solitude, la dévotion, l'humilité; ils se plaisent parmi les entretiens des femmes, se mêlent de commerce, recherchent les procès et les profits ä. » On lit au sujet d'une fête de tir à l'arquebuse donnée à Heidelberg par quelques princes ecclésiastiques et laïques : « Le luxe le plus extravagant y fut déployé par quelques évéques, au grand scandale du peuple. Les prélats dansèrent, et se livrèrent en public à une joie indécente. Presque tous étaient des seigneurs de haute naissance, que l'affliction du peuple au sujet des hérésies touchait fort peu, et qui ne songeaient guère au péril de l'Église; et cependant, certes, ce péril était grand M »
Comilium quomodo Turciê til resistendum, on voit que le concubinage étail alors considéré ((mime le vice principal du clergé. < Pro ainpliando fiscum Christi. Tertio : quod omnes concubinarii publici multentur et expellantur, gui sunt Turci intcsiiiii et demereutur quod lieus permiltit talein plagam soper ebristianitateiD. Monf, Anzeiger für Kunde der deutschen Vorzeit, 1839, p. 295.
1 Voy. plus haut, p. (il. «4, 2(8-219.
2 Au synode de I ."> 1 7. Stiimu, âcta selecta eccl. Avgustanœ (Aug. Vind. 1785), p. 68.
' Curieuse Vachricklen, p. 71. Sur celle fête du tir à l'arbalète, voy. IIabeklin, I. \, p 020-021. Entre les princes du l'alatinat, de la Bavière, etc., et les évéques de Freising, Ratisbonne, Strasbourg, etc., il lut convenu que tous les ans un des membres de l'association donnerait la fête à l'époque qui lui convien-