‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 512 sur 630 · RESPONSABILITÉ DES PRINCES DANS LA DÉMORALISATION DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

RESPONSABILITÉ DES PRINCES DANS LA DÉMORALISATION DU CLERGÉ

C'est à ce grave moment qu'où put se rendre compte des funestes conséquences qu'avait eues pour l'Église l'usage de confier les plus hautes dignités ecclésiastiques aux fils cadels des maisons princières el des grandes familles de la noblesse, et d'abandonner aux princes la nomination à la plupart des sièges épiscopaux et archiépiscopaux '.

Vis-à-vis de l'Église, les princes suivaient cette même politique d'égoïsme, d'ambition cupide, rapace, qui en avait fait les pires ennemis de l'Empire. Cette déplorable politique fut pour l'Église la source des plus amères épreuves; elle engendra des maux et des abus sans nombre dans le domaine religieux.

u Et cependant les princes cherchent sans cesse querelle à l'Église », poursuit Charles de Bodmann; « ils accablent le clergé de reproches, oubliant qu'eux-mêmes, et par tous les moyens possibles, ont établi dans les emplois les plus élevés la plus grande, quoique assurément la plus mauvaise partie des prélats et des hauts dignitaires. Ils n'ont pas honte d'outrager l'Église, après lui avoir eux-mêmes donné le baiser de Judas. »

lis ne voyaient dans le funeste usage des commendes « que l'exercice très-légitime du pouvoir souverain ». Les docteurs en droit romain l'avaient prôné les premiers. Non-seulement on accordait à d'anciens serviteurs de princes le privilège de gérer, leur vie durant, des églises et des abbayes en leur remettant ce qu'on appelait les lettres de pain; non-seulement on tolérait que ces personnages apportassent dans les monastères des mœurs étrangement dissolues qui discréditaient les couvents auprès du peuple, mais des chasseurs, des fauconniers, clés valets et autre semblable engeance, devaient, selon les lois imaginées par les princes, être entretenus pendant les saisons de chasses par les églises et les monastères : « Alors de lamentables scandales se produisaient; dans les collégiales et les abbayes régnaient l'impudicité, la débauche, car les gens de cette espèce ne se font pas faute de s'abandonner à une licence grossière. Ne sont-ils pas serviteurs de princes? Aussi ne songent-ils qu'à se gorger de mangeaille, à s'enivrer le jour et la nuit; ils vont jusqu'à faire pénétrer des femmes dans les couvents, et l'on ne parvient pas à rassasier la compagnie -. » « Ils mènent une vie scandaleuse dans

(Irait le mieux, et qu'il serait tenu d'y inviter tous les autres; pour que la chose • se passât paiement *, il devait donner une somme de 50 florins afin qu'il y eût vingt-nuit tireurs, au moins. Celui dont c'était le tour d'inviter les autres s engageait en outre à fournir vingt-huit chevaux qui presque tous devaient ein: montés par des tireurs. Il devait nourrir bêles et gens aussi longtemps que durerait la fête. l'ourlant le règlement portait que les repas ne devaient pas avoir plus de huit services, etc. Reisacii, Journal für Bayern, t. I, p. 467.

1 Voy. notre premier volume, p. 576-579.

- Clarj eines ein/eilig Klosterbruders. Bl. *.

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