‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 522 sur 630 · C LUTHER RECONNAIT LE DROIT D'APPRÉCIER LA DOCTRINE · texte numérisé non relu

C LUTHER RECONNAIT LE DROIT D'APPRÉCIER LA DOCTRINE

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« Ouelle nouvelle foi faut-il adopter? » demandaient avec Charité Pirkheimer tous les catholiques demeurés fidèles à l'Église quand on les pressait d'adhérer à T« Évangile ». « Les nouveaux docteurs se contredisent l'un l'autre sur les dogmes les plus essentiels de la foi chrétienne, et chacun appuie ses opinions sur des textes de la sainte Écriture qu'il accommode à sa guise. Et comment pourrait-il en être autrement, si, comme Luther l'affirme, tout chrétien doit former sa croyance sur la Bible, et si les décisions en matière de foi sont abandonnées à la libre appréciation des communautés1? »

Luther avait en effet déclaré, dans une instruction publiée en 1523, que toute assemblée chrétienne, ou communauté, a le droit et le pouvoir de décider sur la doctrine et d'élire ou de déposer ses pasteurs. « Partout où le pur Évangile (c'est-à-dire sa doctrine) est prêché, se forme aussitôt la communauté chrétienne, quel que soit le petit nombre de croyants ou leur imperfection. Partout, au contraire, où l'Évangile n'a pas été introduit, il n'y a que des païens, quel que soit le nombre, la sainteté ou la pureté de vie des habitants. » « 11 s'ensuit donc irréfutablement que les évêques, les recteurs, les prieurs, ou autres, ne sont plus chrétiens depuis longtemps, et ne sauraient constituer des communautés chrétiennes, bien qu'ils prétendent en avoir seuls le droit ; donc les actes ou décisions de tels personnages doivent être considérés comme païens, et purement humains. »

« Toute communauté », dit -il plus loin, « a le droit de prononcer sur la doctrine, et d'élire ou de déposer ses docteurs et pasteurs. >< 11 ne fallait nullement se préoccuper des lois humaines, du droit,

événements de son époque. » Loclmer juge avec beaucoup d'impartialité les mesures violentes du conseil de Nuremberg. Soden, Beiträge zur Geschichte der liiformuiion, p. 206, parle d'un ton dégagé des procédés employés envers les trois religieuses. Binder, p. 223, note 45. David Strauss, dans sa biographie de Hütten, i Ii, p. 349, parlant des faits révoltants que ncus venons de rapporter, est d'avis que des procédés semblables étaient indispensables à l'établissement du nouvel Évangile : - Höfler croit-il donc », s'écrie-t-il, « qu'au temps du premier établissement du christianisme des actes de violence absolument semblables n'aient pas é;é commis? « Assurément les tyrans de la foi à Nuremberg, dans leur œuvre de destruction, n'allèrent pas aussi loin que Sickingen, le chevalier révolutionnaire, et voici cependant ce que dit Strauss (t. II, p. 237), à propos de l'attentat <\<: I rêves : « Sickingen, opéra sa retraite en bon ordre; pendant cette retraite, g lises et dis couvents furent complètement rasés par t'incendie. » 1 Glos und Comment sur lesLXXX ârtiekeln und Ketzereien der Lutherischen Bl /''2.

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