‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 523 sur 630 · LUTHER RECONNAIT LE DROIT D'APPRECIKP, LA DOCTRINE · texte numérisé non relu

LUTHER RECONNAIT LE DROIT D'APPRECIKP, LA DOCTRINE

de la tradition, de l'usage, de la coutume, « qu'ils aient été établis par un pape ou par un empereur, par des princes ou par des évoques, le monde entier ou la moitié du monde les eût-il adoptés depuis un an ou depuis mille ans. C'est une loi humaine qui prétend qu'il n'appartient qu'aux seuls évèques, docteurs et conciles d'apprécier la doctrine, car le Christ a déclaré tout le contraire. Il a dépossédé les évêques, les savants, les conciles, du droit et du pouvoir de décider en matière de foi, et il les a remis à tous les chrétiens, le jour où il a dit : Mes brebis connaissent ma voix; mes brebis ne suivent pas le mercenaire, elles s'enfuient loin de lui, parce qu'elles ne connaissent pas la voix du mercenaire. Item, tous sans exception sont des voleurs et des homicides, voilà pourquoi les brebis n'entendent point leur voix! « - Tu vois ici clairement à qui appartient le droit de décider sur la doctrine. Les évéques, le Pape, les docteurs et le premier venu peuvent enseigner, mais les brebis ont seules le droit de certifier que leur voix est bien la voix du Christ. Que veulent donc dire ces atomes qui rabâchent sans cesse : « Concile! concile! Rapportons-nous-en aux docteurs, aux évêques, à celui-ci, à celui-là! 11 faut respecter les usages, la tradition! » Crois-tu donc que la parole de Dieu soit esclave de ta tradition, de les coutumes, de tes évêques? Jamais! Laissons donc les évèques et les conciles décider et rabâcher tout ce qui leur plaira! Là où la parole de Dieu nous guide, tenons-nous-y, au lieu de nous en rapporter à ce qu'ils disent, et sans remarquer si leurs discours sont bons ou mauvais; ce sont eux qui doivent nous céder, c'est à eux de nous obéir! » « Tous les évèques recteurs, prieurs, Universités qui ont usurpé sans pudeur le droit des brebis, ne sont autre chose que des homicides, des larrons, des loups et des renégats! » Dans sa prodigieuse logique, Luther conclut des paroles du Christ : « Gardez-vous des faux prophètes », qu'il ne peut y avoir de faux prophètes parmi les auditeurs de la parole, et qu'il ne s'en rencontre que parmi les docteurs. Aussi tout docteur est-il obligé de se soumettre, lui et sa doctrine, au jugement de ses auditeurs: « Nulle doctrine, sous aucun prétexte, ne peut être établie avant d'avoir été examinée et adoptée par la communauté. Et non-seulement les auditeurs ont le pouvoir et le droit d'apprécier l'orthodoxie de ce qui leur est enseigné, mais encore ils y sont strictement obligés, sous peine de perdre leur âme, et d'eucourir la disgrâce de la divine Majesté. »

« Il nous est donc facile de comprendre la conduite antichrétienne que les tyrans ont tenue envers nous en nous dépouillant d'un tel droit, d'un tel devoir, pour l'accaparer à leur profit. Aussi ont-ils largement mérité qu'où les expulse de la chrétienté, qu'on les traque comme des loups, des larrons et des homicides, eux qui,

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