LUTHER SUR L'OBSERVATION DU DIMANCHE
volonté ni on Dieu, ni en uous. » Luther admet cependant dans l'homme la lutte du bon et du mauvais principe : « La volonté de l'homme », explique-t-il, « tient le juste milieu entre celle de Dieu et celle de Satan. Elle se laisse conduire, pousser et diriger comme un cheval ou tout autre animal. Si Dieu s'en empare et la dirige, elle va où et comme Dieu veut; mais elle n'est ni libre ni maîtresse de décider vers qui elle veut courir, à qui elle veut appartenir; deux forces opposées se la disputent, et luttent tour à tour pour l'obtenir. Luther établit aussi une distinction entre la volonté « cachée » de Dieu et sa volonté ostensible, apparente » : « Dieu l'ait annoncer à tous sa loi et sa grâce, mais c'est sa volonté secrète qui décide le comment, le combien de ceux qui devront y avoir part '. »
« Si en s'appuyant sur des textes de Moïse », dit Luther dans le même traité, « on permet au peuple de briser les images, on doit donc aussi lui permettre de se jeter, pour les massacrer, sur les adultères, les homicides, les rebelles, car Dieu a également ordonné au peuple d'Israël de les exterminer. « « Personne, évangéliquement parlant, n'est obligé de briser les images, tout est abandonné à la liberté de chacun, et il n'y a point de péché à les conserver. » « Plaçons-nous au véritable point de vue; ces docteurs de péché et ces prophètes mosaïstes ne doivent pas nous troubler avec leur Moïse; qu'ils le laissent en paix! Nous ne voulons ni voir ni entendre Moïse! Que dites-vous de cela, chères âmes de Rothenbourg? »
■■ Moïse n'a été donné qu'au peuple juif », dit-il ailleurs; « les païens ni les chrétiens n'ont rien à voir dans sa législation. 11 est vrai que nous gardons et enseignons les dix commandements, mais seulement parce que la loi naturelle n'est nulle part mieux expliquée, ni mise clans un plus bel ordre. Cependant je voudrais que, dans les questions temporelles, on empruntât davantage à Moïse; la loi du divorce, le jubilé, l'année de franchise donneraient au monde une impulsion meilleure; nos prêts à intérêts, nos lois sur le commerce et sur le mariage en seraient heureusement modifiés. »
< Quant à la célébration du dimanche, personne n'y est obligé. Observer le sabbat ou le dimanche n'est point du tout obligatoire. La loi de Moïse ne saurait nous l'imposer ; c'est la nature, par sa lassitude, qui nous indique et nous apprend qu'il est nécessaire, à de certains intervalles, d'accorder un peu de relâche à notre corps, car il faut laisser aux hommes et aux bêtes la temps de respirer;
1 De servo arbitrio. Op. latin., t. VII, p. 113. — Voy. Vorreiter, p. 414-415. A propos des passages que nous venons de (iler, Doi.linger remarque [Kirchengeichichte, 2b, p. 422) que ces maximes semblent plutôt empruntées au Coran qu'à l'Évangile.