TRAITEMENT DES INSTITUTEURS
Xanten, une maison d'éducation qui devait vraisemblablement son existence à l'initiative de Nicolas de Cusa, comptait, en 1497, quatrevingt-quatre jeunes filles, appartenant soit à la noblesse, soit à la bourgeoisie. Àldegonde de Horstmar se trouvait alors à la tête de cette maison. Elle avait été instruite par les « Frères de la vie commune » et se dirigeait d'après leurs conseils dans l'éducation de ses élèves '
Le prix qu'on attachait à l'instruclion, la considération dont étaient entourés ceux qui se vouaient à l'éducation nous sont attestés, parmi d'autres preuves, par l'importance des honoraires que recevaient les instituteurs. Jusqu'à la fin du moyen âge, on n'entend nulle part les maures d'école se plaindre de l'insuffisance de leur traitement8. Dans un temps où pour un florin on pouvait acheter de 90 à 100 livres de viande de bœuf, 110 à 120 livres de viande de porc, le maître d'école de Wccze, village du duché de Clèves, recevait en premier lieu de la commune : 4 florins, 4J boisseaux de seigle, 32 de froment, 48 d'avoine, plus 60 bottes de paille. La commune lui assurait en outre la jouissance d'une maison avec jardin, d'un jardin potager d'un tiers de journal, et la libre jouissance d'une prairie d'un journal. Chaque écolier devait lui payer 5 stubers par mois en hiver et 3 en été, et il recevait annuellement de 2 à
fjieux du seizième siècle. — D'autres recherches historiques prouvent également l'existence d'écoles dans les villages dès la fin du quatorzième siècle. Voy. Kammel, p. 14, 27, 34, 45-57. — Voy. H EICHE, Gesch. des Gymnasiums St. Elisabeth in Breslau, 1843, p. 3-8. On envoyait les enfants à l'école dès l'âge de six ou sept ans. Voy.
ENNEN, Gedenkbuch d'Ilermaun WEINSBERG, dans le Zeitschrift fur deutsche Kulturgeschichte, 1874, p. 47. Voy. Spreng, p. 21-22, et aussi la feuille extraite du formulaire de Strasbourg. 1483. On y voit que les instituteurs acceptaient pour trois ans la direction d'une école. • Pour le logement et la rétribution, il percevra soixante bons gülden du Rhin par an, et de plus quinze gülden d'or toutes les fois que reviennent les jeunes des Quatre-Temps. ■
1 Pelz, Coltectaneen, fol. 72. Sur les écoles de filles à Spire et Überlingen. — Voy. Mone, Zeitschrift, t. I, p. 263, et t. II, p. 153. A Siegen, on trouve à l'époque dont nous nous occupons deux écoles de filles. Voy. G. Ach.enba.ch, Kirchliche Anrichtungcn der Stadt Siegen vor der Reformation (Siegen, 1881, p. 17). ED 1457 fut construite à Venlo, ainsi qu'on le voit dans les comptes de la ville, une nouvelle école dans laquelle les enfants des deux sexes étaient rassemblés dans des locaux différents. Voy. Nettesheim, p. 85, 86. A Emmerich, en 1445, un traité fut signé entre la ville et le chapitre. La ville, d'après ce traité, acquit le droit de nommer une, deux institutrices et même davantage pour le service de l'école des filles. Le conseil de la ville devait les présenter au chapitre. Voy. les documents fournis par Nettesheim, $uppl.t 2 D. — Voyez Kohleb, p. 10. — Pelz rapporte qu'il existait au quinzième siècle, à Clèves, une école de gentilshommes. Il y avait aussi une école spéciale pour la noblesse du Rheingau. — Voy. Falk, Kunst und Wissenschaft, p. 339-340. La noblesse de Speyergau avait aussi son institut spécial dans le couvent des Augustins à Herdt, près Germersheim, où les religieux appartenaient à l'ancienne noblesse. Voy. Remling, Klöster, t. II, p. 34.
s Knip.c.K, dans son livre : Deutsches Dürgcrthum, nouvelle série, p. 67, a déjà fait allusion ù ce fait.
3 florins environ, pour le service de l'église. Il est fait mention, en 1510, dans les archives communales de Capellen, près de Gueldre, de l'obligation imposée à tout paysan faisant instruire ses enfants de donner à l'instituteur 12 boisseaux de blé et, s'il a un attelage à lui, une charretée de bois '. A Goch, le directeur de l'école recevait, depuis 1450, outre le logement, la rétribution scolaire et différents dons faits par les élèves, 8 florins d'Arnheim. Plus tard, une fondation pieuse lui assure encore un revenu de 3 flor. 1/2 d'or rhénan, à charge par lui de chanter les laudes avec ses élèves. Or, le greffier de la ville ne touchait que 5 florins, et les deux bourgmestres réunis ne recevaient pas davantage 2. A Eltville, dans le Rheingau, les appointements du maître d'école montaient à 24 florins par an; de plus, chaque écolier était tenu de lui payer 3 albus. A Kiderich, ville de la même province, les instituteurs recevaient de 30 à 90 florins. Le maître d'école de Seligenstadt sur le Mein avait, outre le logement et le vin, 32 boisseaux de froment et la rétribution scolaire que devait fournir chaque écolier 3. Dans les écoles de Culmbach et de Baireuth, le maître de latin recevait plus de 75 florins d'or par an, outre la nourriture gratuite *.
Nous ne pouvons faire une juste évaluation du traitement des instituteurs dans ces diverses écoles qu'à l'aide de comparaisons : En 1451, les dépenses faites par le jeune gentilhomme Ort, de Francfort-sur-le-Mein, à l'Université d'Erfurt, pour la nourriture, le logement, l'habillement, le blanchissage, les honoraires des professeurs, etc., ne montèrent pas, pour toute une année de séjour, au delà de 26 florins pour lui et son gouverneur 5. Un étudiant de Francfort en pension chez Ulrich Zasius, professeur à l'Université de Fribourg au commencement du seizième siècle, lui payait 10 florins par an 6. Jusqu'en 1515 et à l'époque où l'argent avait déjà subi une forte dépréciation, un foudre de vin se vendait 0 florins 7. Le traitement d'un simple maître d'école comme celui
1 Collectanecn de Pelz, p. 78.
8 Voy. Bergiwth, Beilrage zur Geschichte der Schulen im. Goch, dans la Zeitschrift für Erziehung und Unterricht de V^GS (Cologne, 1859, t. VIII, p. 76-81). — Voy. les détails sur les appointements et autres revenus des instituteurs, Nettesiieim, p. 115-127. — Voy. les renseignements sur les appointements des maîtres d'école, extraits des anciens droits et usap,es de la ville de Frankenberg par Jean EMMERICH (y 1494). Schulldalt fur die Provinz Hessen-Nassau, 1874, p. 55.
3 Falk, Schulen am Mittelrhein , p. 136, 139. Zaun, Gesch. von Kiderich, p. 156. Sur les émoluments des maîtres d'école dans les différentes villes, voy. ISettesheim, p. llï.
* Lang, Geschichte des Fürstenthums Bayreuth, t. I, p. 69-70. — Vov. Hasselt, t. IV , p. 108.
'J Voy. Anzeiger fur Kunde Deutscher Vorzeil, t. IX, p. {5-46.
0 Curieuse Nachrichten, p. 47.
7 kniECK, p. 244.