RÉPRESSION HE LA RÉVOLUTION
Heure, de la Souabe, du haut Rhin, du Tyrol et. du duché de Wurtemberg, pays restés sous la tutelle de l'Autriche. Les autres membres de la ligue étaient : l'électeur de Mayence, les évêques de VVurzbourg, d'Eichslädt et d'Augsbourg, les ducs de Bavière, le landgrave de Hesse, plusieurs prélats, comtes, seigneurs, chevaliers, et différentes villes libres de Souabe et de Franconic.
Les ducs de Bavière y avaient la prépondérance, à cause des talents exceptionnels de leur chancelier Léonard d'Eck, conseiller de la ligue. Quelque funeste qu'ait été plus tard le rôle d'Eck1, il faut savoir reconnaître les grands services qu'il a rendus à son pays pendant la révolution sociale. Il n'est que juste d'affirmer que sa fermeté, son coup d'œil juste et hardi ont sauvé l'Allemagne. C'est grâce à son énergie que la Bavière put rester en dehors des troubles et des orages religieux, des horreurs de la guerre civile et de la sauvage fureur des anarchistes. C'est à lui que l'Allemagne a dû les armements si opportuns de la ligue souabe. « Je sais bien », écrivaitil au duc Guillaume, « que les lettres que j'ai adressées à plusieurs reprises à Votre Grâce, et où je lui révélais la pusillanimité déplorable des princes et des chefs, ont été raillées de bien des gens qui peut-être verraient sans déplaisir une catastrophe, gens moins tentés de se battre qu'amoureux de leur repos. » « On se plait », dit-il encore, « à exagérer la puissance, les forces, les ressources des paysans révoltés; mais fussent-ils aussi nombreux qu'on le prétend, Votre Grâce ne peut nier que le Turc étant à nos portes, il ne faille se défendre à tout prix, mourir ou être expulsé! Le premier signal de notre défaite et de notre ruine totale serait notre timidité. Les émeutiers ne rêvent que d'humilier les princes et de se débarrasser de toute autorité. » Animé d'un infatigable zèle, Eck pressait les armements, et ne cessait d'insister sur la nécessité de réunir les subsides indispensables à la dépense du pays. « Le bon succès de la guerre », écrivait-il, « est attaché à notre persévérance; surtout il est important de ne pas débuter par un revers. Tout dépendra de nos commencements, et dune résistance opportune. » « Je dis et j'écris nuit et jour que Votre Grâce doit se montrer vigilante. Si la ligue souabe n'a pas maintenant les yeux ouverts, et si elle n'est sous les armes, c'en est fait de l'Empire romain de nation germanique2. »
Ce n'étaient pas seulement les révoltés, c'étaient surtout les princes qui faisaient courir à l'Empire les plus graves dangers. Plusieurs d'entre eux, nouveaux croyants ou catholiques, ne se souciant
1 On trouvera d'amples détails sur la politique peu loyale d'Eck envers l'Empire et l'Empereur à dater de 1526 dans le troisième volume de cet ouvrage.
2 Voy. Jonc, p. 335-339, 348, 402.