‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 556 sur 630 · KM EUTES DANS LA FORET NOIRE. 49.J · texte numérisé non relu

KM EUTES DANS LA FORET NOIRE. 49.J

Le mouvement révolutionnaire prit, à partir de ce moment, un caractère religieux marqué. Celui qui se présentait pour faire partie de la « Fraternité évangélique » devait foutes les semaines donner une cotisation d'un demi-batzen. Cet argent servait à payer les émissaires qui allaient recruter des frères » en Souabe, dans les pays du Rhin, en Franconie, en Saxe, eu Misnie. Des agitateurs populaires travaillaient depuis longtemps l'évêché de Bamberg, persuadant aux paysans que la loi de Dieu défendait de payer la dime1.

Hans Müller avait été élu chef de la « grande Fraternité chrétienne de la forêt Noire ». Revêtu d'un manteau rouge et coiffé d'un béret à plumes de même couleur, il allait de village en village, précédé d'un héraut à cheval, qui menaçait de« ban laïque* » tous ceux qui refusaient d'entrer dans la « Fraternité ». Il se faisait précéder d'un char orné de feuillage et de rubans portant l'étendard de la révolte, gage de la future délivrance du peuple. Avec lui, le prédicant Balthasar Hubmaier était un des chefs les plus fougueux de l'insurrection. « Balthasar méprisait souverainement papes, empereurs et rois », et demandait « qui les avait priés de régner ». Il enseignait que le peuple avait le droit d'élire et de déposer l'autorité, et n'était obligé à aucune dime, redevance, taille, impôt d'héritage, etc. L'eau, le poisson, la forêt, le champ, la vigne, la prairie, le gibier, les oiseaux appartenaient à tous. Il insultait dans ses discours tous les « éperons jaunes », il ne les appelait que « les grands beuèts », et composait des chansons satiriques sur les conseillers de l'Empereur. Comme il devait plus tard le confesser lui-même, « il avait fait à Waldshul des prédications séditieuses qui avaient troublé la paix, offensé Dieu, la justice et la conscience, et avaient été cause de plus d'une rixe sanglante ». Son but, comme celui de ses partisans, n'était pas seulement de rejeter toute autorité, mais surtout d'en créer et d'en élire une nouvelle parmi les frères3. « Vraiment, lorsqu'on y réfléchit », dit André Letsch, « on reconnaît que ce susdit docteur Balthasar a été le véritable instigateur de la guerre des paysans, et que c'est à lui qu'il convient d'attribuer les lamentables événements et les désastres qui suivirent4. »

nous dans un rapport rédigé par deux délégués du comte, ils se sont chargés d'un plus lourd fardeau de corvées qu'auparavant « Schreiber, t. I, p. 55. Les paysans avaient donné plein pouvoir à leurs délégués de conclure le traité; mais lorsque ceux-ci le leur apportèrent, ils refusèrent de le signer, le trouvant trop onéreux.

1 Voy. le mandement de l'évéque de Bamberg (."> août 1524), dans Böflbr, Fränkische Studien, t. VIII, p. 2G9, n» 159.

- Voy. plus haut, p. 465.

3 Voy ces documents dans STERN, Zwölf Artikel, p. 68-70.

* Moni:, t. II, p. 46.

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