‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 558 sur 630 · ALLIANCE D'ULRICH DE WURTEMBERG AVEC LES PAYSANS. 152Î · texte numérisé non relu

ALLIANCE D'ULRICH DE WURTEMBERG AVEC LES PAYSANS. 152Î

son aide, reconquérir son duché '. • Il lui était complètement indifférent », disait-il, « d'y rentrer par la botte ou par le soulier », c'est-à-dire à l'aide du Bundschuh ou de l'éperon du chevalier. Une fois remis en possession de ses terres et de ses gens, il se proposait de décharger si charitablement les riches, les prêtres et les moines du fardeau des richesses que, comme les apôtres, ils fussent libres de parcourir le monde en portant le sac du mendiant sur le dos. Quant aux riches marchands, « ces exploiteurs du peuple », il avait l'intention de si bien les rançonner que l'effroi et la douleur « leur fissent jaillir le sang des yeux ». « Mais il se proposait d'abandonner une bonne partie du butin à ceux qui l'auraient fidèlement aidé au temps de son exil. Ceux-là partageraient sa bonne fortune, et, sous la loi du nouvel Évangile, ils jouiraient tous ensemble dune existence bien préférable à celle du passé3. »

Depuis 1523, Ulrich avait adhéré au « nouvel Evangile »; il était plein de zèle pour sa diffusion. S'il souhaitait reprendre possession du Wurtemberg, c'était surtout, écrivait-il, parce que les sujets de l'Autriche, sous la tutelle de laquelle était placé le Wurtemberg, souffraient violence « quanta l'unique consolation de la conscience, la sainte parole de Dieu », et qu'il les voulait secourir. Si l'on refusait de l'aider, il se croirait autorisé par la nécessité, comme il le déclarait dès le mois de janvier 1524 aux Ordres réunis à Wurtemberg, à user de tous les moyens, pourvu qu'ils fussent honorables et humains, pour rentrer en possession de son duché, et il se verrait contraint de s'aider et de se défendre3. Le Wurtemberg lui devrait l'introduction de la doctrine luthérienne4.

En juin IÖ24, avant qu'aucune insurrection de paysans eût encore éclaté, Ulrich avait demandé au roi de France, an service et à la solde de qui il était alors, un secours d'argent considérable pour recruter des soldats contre 1' « ennemi universel », l'Empereur, et pour être en état de se déclarer contre lui au moment opportun. Son château de Hohentwiel, acheté avec les deniers français, avait été muni de vivres et d'abondantes munitions. 11 y faisait fondre de grandes arquebuses et, depuis le mois de septembre, ne cessait d'entretenir des relations secrètes avec les paysans du Hegau, du comté de Stühlingen et de la

1 Voy. plus haut, p. 259-260, 331.

■ C'est un agent de l'archevêque Richard de Trêves qui rapporte ces paroles d'Ulrich. Lettre * de 1525, sans date et sans signature. Trierischen Sachen und Briefschaften, fol. 89h-90. — Voy. la lettre de Gui Suter du 3 décembre 1524 dans Begkr, p. 591.

3 Voy. Staf.iv, t. IV, p. 234, 261. Après qu'Ulrich eut adhéré à 1' « Évangile •, Zwingle disait à son sujet : « Ego ab eo hoinine aliquando vehementer abhorrui, verum siexSaulo Paulus factus est, non aliter amplecti possein hominem, quam fratres Paulum qiiHin resipuisset. - — ZuiNGMi Op. VII, p. 360.

* Voy. Begeh, p. 581.

Page 1