INSURRECTION A F R A N CF 0 R T-S UR-LE-M E I
trouvés dans le clocher, sous les ardoises, où le sacristain les avait cachés. Les chefs s'eu saisirent, et firent fouetter de verges le sacristain '. »
D'Amorbach, Götz et Metzler, en leur qualité de premiers chefs du conseil et de la communauté de Gundelsheim », firent publier un ordre sévère enjoignant de détruire entièrement et de raser2 sans nul délai le château d'Horneck, ancienne résidence du grand maitre de l'Ordre Teutonique. A Amorbach, les chefs décidèrent aussi le massacre de tous les princes, seigneurs et nobles; cependant ils s'engageaient à ne point inquiéter les gentilshommes qui viendraient de leur plein gré leur jurer foi et hommage3.
Bientôt on apprit à Francfort-sur-le-Meiu que l'armée évangélique marchait sur la ville, et se proposait d'exterminer les chevaliers de l'Ordre Teutonique et les Juifs4.
A Francfort aussi, pendant ces fêtes de Pâques que les paysans célébraient de tous côtés, cette année-là, par des émeutes et des pillages », une émeute avait éclaté. Le docteur Gérard Westerbourg, de Cologne, beau-frère de Carlstadt5, partageant foutes ses vues, en avait été le véritable instigateur. 11 se donnait pour « un homme de Dieu » ; il avait fondé « une Fraternité évangélique », et dans sa maison, ordinairement pendant la nuit, faisait de fréquentes con-
1 Tiré du cahier des doléances de Mayence, dans Œchsle, p. 350-352, Zimmermann, t. Il, p. 504-506.
* BeBLICHIMGEX-Rossah, Gesch. des liitters Götz von Berlichingen Leipzig, 1 80 1 >. p. 230. — Voy. Wegele, p. 159-164, où il est amplement prouvé que Götz n > pas aussi innocent qu'il s'est représenté dans ses mémoires. Voyez l'article de A. Baumgartner sur Golz, dans les Stimmen au* liaria-Laack, 1879, p. 298-315.
3 Aveux de Dyonisius Schmid, dans Œchsle, p. 372.
4 Sur l'insurrection de Francfort, voyez pour plus de détails Kriege, Frankfurter Bü'-gerzwiste und Zustände, p. 137-203, et Steitz, Gerhard Weiterburg, 70-102. Le premier de ces historiens envisage les événements plutôt au point de vue politique, le second se place surtout au point de \ue religieux et social, a Î'i vrage de Kriegk comparez les articles d'Otto dans les HiAor.pol. lit., p. 74. ?,.■- 332. Sur la rédaction des articles de Francfort par Weslerourg, voy. le .tournai de fcönigstein, n° 86, p- 220, et les Annales de Fichard, dans Fichard'a Frankfurter Archiv. für ältere deutsche Litteratur und Gesch. (Francfort. 181 1 j. p. 16. Quant à l'origine des articles, comme Otto l'avait déjà remarqué, les recherches n'ont pas encore donné de résultat certain. — Voy. STERN, Die Artikel der Frankfurter vom April 1525, dans les Forschungen zur deutschen Gesch., t. IV., p. 631-641, et Stricker, dans les liitlheilungen des Vereins fur Frankfurts Gesch. und Alterthumtkun
t. IV, p. 195.
5 Voy. RRAFFT, Briefe und Documente, p. 85.