‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 585 sur 630 · FRANCFORT-SUR-LE-MEIN MENACEE · texte numérisé non relu

FRANCFORT-SUR-LE-MEIN MENACEE

éclatèrent en même temps. Wesel et Bopparcl furent sur le point de pactiser avec les rebelles. La nouvelle de l'approche des paysans incendiaires jetait les populations dans l'épouvante. « En l'espace de quelques jours », écrit l'archevêque Richard de Trêves le 17 avril, * beaucoup de hameaux et de villages des bords du Rhin ont été criminellement incendiés, soit totalement, soit en partie, et l'on prétend que des mendiants, des gens sans aveu, ont été chargés de la besogne '. >-

L' « armée unie de l'Udenwald » s'efforçait, au moyen de ses émissaires, de contraindre les populations des diverses régions de l'archevêché de Mayence à embrasser la ■■■ sainte cause de L'Évangile » . Francfort au- si, disaient les chefs, devait être obligée à se convertir. Sous la conduite de Götz de Berlichingen et de Georges .Metzler, l'armée des rebelles résolut de marcher sur cette ville. A celte nouvelle, le conseil de Francfort se hâta de demander aux corporations s'il pouvait compter sur elles en une nécessité si pressante. Quelquesunes répondirent « qu'elles exposeraient volontiers leurs corps et leurs biens pour le service de l'honorable conseil et de la commune, et qu'elles avaient bonne souvenance de ce qu'elles avaient jadis promis et juré, mais que, dans la crainte d'attirer de grandes calamités sur Francfort, elles ne s'engageaient nullement à prendre la défense des clercs et des Juifs ». D'autres déclarèrent que, si les paysans se présentaient, elles étaient décidées à ne plus obéir qu'au comité révolutionnaire. « H y avait dans les corporations », dit Königstein,

qu'ils n'exerçassent plus le mélier de changeur, qu'ils s'abstinssent de toute espèce de commerce jusqu'à la prochaine foire, etc., etc., Schunk, t. ni, p. 69 19 avril). A Francfort, la populace fut sur le point de se ruer sut- les Juifs, qui ne durent leur salut qu'à l'intervention de quelques bourgeois courageux. Dans leurs articles, les Francfortois demandaient ■ que l'intolérable usure par laquelle les Juifs oppriment le pauvre homme leur fut absolument interdite, et qu'à l'avenir il leur fut défendu soit d'acheter, soit de vendre. Le conseil répondit à ces réclamations que, de son côté, il était résolu à ne plus tolérer l'inique usure juive, dont, au reste, il n'avait pas été suffisamment informé; mais qu'il serait difficile de défendre aux Juifs de vendre ou d'acheter a l'intérieur de la \ille. » Kirchnxa, Getchichie von Francfort, t. Il, p. 613-521. Dans une lettre de Mutian à Frédéric de Saxe (25 avril 1525 . il dit que les entretiens qu'il a eus avec les hommes les plus éclairés de son temps l'ont convaincu que les villes libres, par de secrètes machinations et sous le couvert de l'Évangile, excitaient en sous-main les paysans à la révolte, encourageaient les intrigues de meneurs turbulents, soutenus par les Juifs, rêvaient la ruine des maisons princières, de la haute noblesse, du gouverneur, des évéques et des princes spirituels, et songeaient à donner à l'État la forme républicaine. Ce témoignage est curieux. — Tentzf.lii Bel. epp. tfutiani, p. 75. En ce qui concerne les plans des villes libres, il ne manque pas de vraisemblance; mais par rapport aux Juifs, aucun fait ne le confirme. En tout cas, on ne peut conclure des paroles de Mutian que les Juifs aient jamais formé quelque alliance avec les paysans. — Voy. A. STERN, De Juden im grossen deutschen Bauernkrieg 1525, dans le Jüdischen Zeitschrift für Wissenschaft und leben (Breslau, 18701,

8e année, 57-72.

1 Krals, Beitrage, 16-17.

Page 1