‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 591 sur 630 · INSURRECTION EN THURINGE · texte numérisé non relu

INSURRECTION EN THURINGE

von«; reste encore, si vous voulez être sauvés, à enlever les idoles des maisons et des bahuts, à arracher des murs la belle vaisselle d'étain, à vous emparer de l'argenterie, de l'orfèvrerie, de l'argent comptant renfermés dans les coffres'. » Comme Münzeret Pfeiffer, Jean Laue, l'ex-grand maitre de l'Ordre Teutonique, se faisait remarquer par son zèle pour la « nouvelle union chrétienne ». 11 prenait tous les jours la communion, et mettait à même dans sa poche les parcelles de pain qu'il ne consommait point. Par son ordre, les tableaux, les images étaient détruits et brisés; avec les tuyaux d'orgue, il faisait fabriquer des pintes. « Les princes », disait-il en pleine chaire, « sont des niais, des oies, des chiens dévorants; on n'est point obligé de leur obéir. » Lui aussi eut désiré que « les idoles des riches bourgeois fussent enlevées des coffres, des chambres et des murs », car tous les biens étaient communs. 11 disait que les prêtres, dans les processions, ne portaient pas le Saint Sacrement, mais le diable. Il proposait de renverser le conseil2.

« L'autorité », écrivait le 26 septembre 1524 Sittich de Berlepsch, bailli de Salza, au duc Georges de Saxe, « semble agir au hasard et perdre la boussole. Les paysans des villages environnants se sont réunis et ont fait savoir au conseil que sa conduite antichrétienne n'était plus tolérable; que, s'il ne changeait, ils se verraient forcés d'établir un autre pouvoir, parce qu'autrement ils seraient infailliblement ruinés. Hier dimanche, vers le soir, les paysans de Bolkstàdt ont été avertis que leur village était cerné aux quatre coins, et qu'ils devaient se tenir sur leurs gardes. Le lendemain matin, avant le jour, ce village a été incendié; une grande quantité de blé a été brûlée. Le docteur Luther a envoyé un prédicant à Mulhausen pour prêcher contre Münzer : Münzer et lui se traitent réciproquement d'hérétiques et de fripons. » Berlepsch joignait à sa lettre la copie des articles que Münzer et Pfeiffer avaient rédigés, et qu ils avaient envoyés aux villages du territoire de Mulhausen et à la population de la ville. Ces articles débutaient ainsi : « Pour la gloire de Dieu, les communes de Mulhausen, de Saint-Nicolas, de Saint-Georges, de Sainte-Marguerite, les tisseurs de lin de Saint- Jacques et un grand nombre d'ouvriers, ont dressé une constitution nouvelle, fondée sur la parole de Dieu. Cependant, si en quelque chose elle était contraire à l'Évangile, ils consentiraient à la modifier. » ■ Le conseil doit être complètement renouvelé. Le nouveau pouvoir appréciera toutes les questions conformément à la justice, et d'après les prescriptions de la Bible. Si vous prétendiez vous

1 Voy. ces lettres dans Seidemann, Beiträge, t. IF, p. 378-382. * Interrogatoire de I.aue dans Seidemann, Beiträge, t. XI, p. 382, et ses aveux, dans la UûMhatuer Chronik, p. 393.

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