‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 593 sur 630 · S4 THOMAS MUNZER EXCITE LES RÉVOLTÉS AU MEURTRE · texte numérisé non relu

S4 THOMAS MUNZER EXCITE LES RÉVOLTÉS AU MEURTRE

fut déposé. Un conseil « perpétuel », composé exclusivement de partisans de Münzer, fut élu. « On rencontre encore à Mulhausen », écrit Sitlich de Berlepsch au duc Georges, « plus d'un d'honnête bourgeois auquel cet événement cause une peine sincère; mais les prédicauts, qui sont d'habiles intrigants, ont fait cause commune avec la populace mutinée, et ont tellement envenimé les choses que les braves gens n'ont plus aucune chance d'être écoutés. » Le conseil perpétuel était en grande partie composé de pauvres hères et d'aventuriers. « Les nouveaux magistrats disent à qui veut les entendre qu'ils peuvent disposer de cinq ou six cents hommes, et qu'ils ont reçu des forces nouvelles des paysans de la forêt Noire, lesquels demandent aussi à faire partie de l'Union. » « Les communes des environs sont presque toutes gagnées au parti de la révolte; les paysans répètent que Dieu seul est leur maitre, et qu'ils ne se soumettront à aucun autre. »

« Nous ne voulons que le règne de Dieu, nous n'acceptons aucune autre autorité », prêchait Münzer. On ne pouvait plaire à Dieu, disait-il, si l'on ne revenait à l'état primitif et si l'on n'adoptait la communauté des biens. Les paysans des environs de Mulhausen se rassemblaient par milliers pour entendre cetle « heureuse annonce du royaume de Dieu ». Toutes les fois que Münzer prêchait, des chœurs déjeunes gens et déjeunes filles, disposés près de lui, chantaient les promesses faites par Jéhovah aux fils cle .luda : « Demain vous vous mettrez en roule, et le Seigneur sera avec vous! » Les pauvres gens de la ville ne voulaient plus travailler; l'un d'eux avaitil besoin de blé ou de linge, il allait aussitôt chez un riche, et prenait tout ce qu'il lui fallait; il appelait cela agir « d'après le droit chrétien ». Parmi les propriétés ecclésiastiques confisquées, Münzer s'attribua le château des chevaliers de Saint-Jean, avec toutes ses redevances : il fit fondre des arquebuses et des balles dans l'ancien couvent des Carmes, et appela la populace aux armes. Pendant ce temps, ses disciples allaient de tous côtés prêcher le royaume de Dieu. En ses manifestes ardents, Münzer invitait les populations à massacrer les princes et seigneurs. « Chers frères, combien ue temps dormirez-vous? » écrivait-il aux mineurs du comté de Mausfcld. « A l'œuvre! sus! combattez le combat du Seigneur, il en est temps! Animez vos frères à ce saint combat; qu'ils ne se raillent point du témoignage de Dieu; sans cela, ils périraient tous. Voici que les pays allemands, français, welches, se sont tous soulevés! Le .Maître va jouer son jeu, les méchants tombent! A Fulda, pendant la semaine de Pâques, quatre abbayes ont été saccagées. Les paysans du Hegau, du Klettgau et de la forêt Noire se sont levés, forts de plus de trois cent mille

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