DÉVASTATION DES COUVENTS ET DES ABBAYES
hommes, et la bande grossit lous les jours! » « A votre tour, à l'œuvre, en avant, il est temps! que les scélérats soient chassés comme des chiens enragés. Ne vous laissez pas séduire par une pitié coupable; si même Esaii venait à vous avec de bonnes paroles, ne l'écoutez pas. Ne vous arrêtez pas à plaindre la détresse de l'impie; encouragez à vous suivre les villages el les villes, et surtout les ouvriers mineurs. Appelez d'autres bons camarades à la besogne, et qu'ils s'y mettent de tout cœur. 11 ne vous est pas permis de dormir plus longtemps. • ■• Les paysans de l'Eichsfeld viennent de se divertir aux dépens de leurs seigneurs; ils ne leur ont poinf fait de quartier; suivez leur exemple! En avant, en avant, en avant, tandis que le 1er est chaud! Oue le sang ne se refroidisse pas sur la lame de vos épées! Pink, pank sur l'enclume de Nemrod! Que tous tombent sous vos coups! Tant que les nobles seront en vie, vous ne serez pas affranchis de la crainte humaine; tant qu'ils régneront sur vous, vous ne pourrez vous dire les enfants de Dieu! Sus, sus, en marche pendant (pie le jour brille! Dieu vous précède, suivez-le! Votre histoire est écrite au chapitre vingt-quatre de saint Matthieu. Ne vous laissez pas effrayer, car Dieu est avec vous. Ce n'est pas votre combat, mais celui du Seigneur que vous livrez; ce n'est pas vous qui combattez, c'est Dieu. Donc, que votre attitude soit énergique et maie, et vous verrez infailliblement le secours du ciel venir à vous! » « Tandis que .losaphat prononçait ces paroles », dit l'Écriture, il fut anéanti. » « Agissez de par Dieu, il vous fortifiera; rejetez toute crainte humaine, inspirez-vous de la véritable foi! Amen! » Cette lettre était signée : Thomas Münzer, serviteur de Dieu, envoyé contre les impies *.
Tandis (pie Münzer poussait ainsi les populations à ce qu'il appelait le divin massacre >•, Pfeiffer, son compagnon, à la tele d'une troupe de gens du peuple accourus de tous côtés, envahissait L'Eichsfeld. » Les révoltés », dit une relation du temps, « ont volé, assassiné; partout où ils ont pénétré, ils ont incendié cloîtres et châteaux. Plusieurs villages ont été réduits en cendres et saccagés. Outre cela, ils ont forcé les gens bien intentionnés à se joindre a eux : qui s'y refusait passait par les piques1. »
1 Voy. cette lettre dans Stiiofii l, Thomas Münzer, p. 93-96.
2 Voy. Seidemann, Munter, p. 75. — Stkorkl, p. 89-90. — Mühlkauser Chronik, p. 385-385. Sur les dévastations el les pillages de couvents et de châteaux dans le comté de Hansfeld, de Stoiber;;, etc., roy. Spangenbebg, Mansfeldische Chronik, p. 421. Les cloîtres et les abbayes suivants furent détruits en Tliurin;;e par le vandalisme des insurgés : à Aliendorf, le couvent des Bénédictines; à Annerode, le couvent des religieuses de Ctteaux; a Beuren, un couvent du môme ordre; à lionnerode, le couvent des religieuses bénédictines; à Capellendorf, le couvent