‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 596 sur 630 · HBFURT FAIT CAUSE COMMUNE AVEC LES RÉVOLTÉS · texte numérisé non relu

HBFURT FAIT CAUSE COMMUNE AVEC LES RÉVOLTÉS

cieux seigneur et prince souverain, le duc Georges de Saxe; nous déclarons vouloir vivre et mourir à son service, et sommes décidés à exposer pour lui nos corps et nos biens. En même temps, ils suppliaient Georges de venir à leur secours, et celui-ci leur faisait annoncer sa prochaine arrivée *.

« Nous avons été obligés de mettre sur pied tous nos hommes , écrivait Georges le 20 avril au landgrave de Hesse ;%. ainsi le commandait la gravité des événements. Les paysans de l'Oberland, qui s'intitulent l'union chrétienne, se sont soulevés; les prédicants ont prêché l'Évangile luthérien d'une façon si claire que nous pouvons recueillir à cette heure les fruits de leurs exhortations. Comme, par la grâce de Dieu, nous avons toujours élé fort ennemis de ces sortes de nouveautés, il est à craindre que nous et les nôtres ne soyons plus exposés que personne; néanmoins nous continuons à être persuadés que si l'ou n'avait excité les pauvres gens à oublier leur serment et à se jeter sur le bien du prochain, il n'y aurait pas eu d'émeute 9. »

Depuis longtemps les prédicants d'Erfurt dépassaient tous les autres en zèle et en fanatisme, mettant tout en œuvre pour soulever les populations des villes et des campagnes. « Les bêches et les boyaux du cultivateur -, disait l'un d'eux, « doivent prolecfion à l'Evangile. Dès 1523, le sagace Usingen, témoin de ces funestes excitations, avait prédit qu'une révolte populaire en serait l'infaillible résultat 3. En apprenant que les paysans de la Souabe et de la Franconie s'étaient soulevés, ceux du territoire d'Erfurt commencèrent au printemps de 1525 à se réunir. Ils résolurent de laisser pénétrer dans la ville tous les paysans insurgés des aleutours, d'élire à

1 Pour plus <le détails sur les troubles de Langensalza, voy. Seidkmann, Beiträge, I. \IV, p. 513-548.

* Voy. Kommel. t. Il, p. 83-84. — Voy. Smdiminn, t. XI, p. 391.

3 « Quid praetenderas, ■ écrivait-il au prédicant Mechler, « quando de suggesto et vernaculis iiitimationibus plebem rudem adillam idisputationem) citaveras! (JuiJ denique dum eo loci ad populum clamaveras, necesse esse, ut vel pastino sarculis et ligouibus suburbanis Evange'io consuleretur, quando nec tua, nec tuorum proficerent verbal Meministine ruslicae insolentise, qua jam passîm subditi in dominos suos luinultuaiites et insurgunt contra fidelilatem, quam illis promiserunt et jura verum.' > - Nescitis, populum esse bestiam multoruœ capitum, bestiam cruentam, que sanguinein sitit, vosne ergo rem vestramsanguinariis perficietis! » — Voy. Kampsciiui/ie, t. Il, p 203-204. Les lettres d'Eoban Ilessus à Sturz nous montrent sous le plus triste jour l'état d'Erfurt. Eoban constate a\e<' douleur que les vices y croissent, que les exécutions y sont presque quotidiennes; il raconte entre autres celle d'un père condamné à mort pour avoir deshonoré sa propre fille. Les prisons, dit-il, sont trop petites pour contenir les criminels. — Khause, Eobama Hetius, t. I, p. 400-401.

Page 1