‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 595 sur 630 · MUTIAN SUR LE VANDALISME DES INSURGÉS · texte numérisé non relu

MUTIAN SUR LE VANDALISME DES INSURGÉS

L'émeute se propagea avec une effrayante rapidité dans toute la Thuringe et les pays avoisinants. Dans les comtés de Mansfeld, de Stolberg, de Schwarzbourg, dans l'Eiclisfeld, la Hesse, le Brunswick, la Saxe el la Misnie, les villages, les bourgs, les villes se soulevaient et voulaient être libres comme ceux de Mulhauscn. « Mon seigneur et mou roi », écrivait de Gotha à Frédéric de Saxe l'humaniste Conrad Mufian (27 avril 1525), « mon âme est triste jusqu'à la mort en voyant avec quelle brutalité, quelle perversité la sauvage horde des paysans pille et saccage les saints temples de Dieu. Ces

des religieuses de Cîteaux; à Cronspitz, le couvent des Augustins; àEisenach, la collégiale des chanoines de Saint-Augustin, le couvenL des Bénédictines, ceux des Dominicains et des Cisterciens; plus loin, le couvent de Franciscains, au pied de la Wartbourg, et près d'Eisenach le couvent des religieux de Cîteaux de Johannisthal ; à Gerbsladt, le couvent des religieuses bénédictines; à Gérode, un couvent du même Ordre; à Frankenhausen, le couvent des religieuses de Cîteaux; à Frauenbreilungen, le couvent des Augustincs; à Frauen- Priessnitz, le couvent des religieuses de Cîteaux; à Frauensee, un couvent du même Ordre; à Georgenthal, le couvent de Cileaux; à Georgenzeil, un couvent du même Ordre; à Göllingen, le couvent des bénédictins; à lladersleben, le couvent des Cisterciens; à Heiligenstadl, la collégiale des chanoines de Saint- Augustin; à llelffla, le couvent des religieuses bénédictines; à Merrenbreitungen, le couvent des Bénédictins; à llettsladt, le couvent des Carmes; à Holzzelle, le couvent des religieuses bénédictines; a Ilombourg, près de Langensalza, le couvent des Bénédictins ; 5 lchlershausen, le couvenl des religieuses de Cîteaux, à Iechaburg, la collégiale des chanoines de Saint-Augustin; à léna. le couvent des Carmes; à kaltenborn.la collégiale des chanoines de Saint-Augustin ; a Kelbra, le couvent des religieuses de Cileaux; à Königsberg, le couvent des Augustins; à Kreuzburg, le couvent des Augustins; à Monchptiffel, le couvent des religieux de Cileaux; à Mönchröden, le couvent des Bénédictins; à Miinchenlohra, un couvent de religieuses; à Nicolausried, le couvent des religieuses de Cîteaux; à Nordhausen, les couvents des Augustins, des Dominicains et des Franciscains, et le couvent des religieuses de Cîteaux; à Oldisleben, le couvent des Bénédictins; à l'anlinzelle, un couvent. du même Ordre; à Petersberg, le couvent des religieuses de Cileaux; à Reifenstein, le couvent des Cisterciens; à Rheinhardsbrunn , le couvenl. des Bénédictins; à Roda, le couvent des frémonlrés: à Rohrbach, le couvent des religieuses de Citeaux; à Rossleben, la collégiale des chanoines de Saint-Augustin; a Saalfeld, le couvent des religieuses de Saint- Augustin; à Schmalkalden, le couvent des Augustins et la collégiale des chanoines de Saint-Augustin; à Sinnershausen, le couvent des Guillauinistes; à Sittichenbach, le couvent des cisterriens; à Teistungenbourg, le couvent des religieuses de Citeaux; à ïroststadt, le couvent des religieuses de Préinontrés; à Veilsdorf, le couvent des Bénédictins; a Volkenroda. le couvent des Cisterciens ; à Walbeck, le couvent des Bénédictins; a Wasungen, le couvent des Guillaumistes; à Weissenborn, un couvent du même Ordre; à Wiederstadt, le couvent des religieuses augustines; à Wimmelburg, le couvent des Bénédictins; a Worbis, le couvenl des religieuses de cileaux ; à Zella, le couvent des religieuses bénédictines, et à Zella Saint-Biaise, le couvent des Bénédictins. Beaucoup d'autres abbayes cl couvents ne furent pas entièrement pillés, saccagés et brûlés, mais eurent à souffrir des dommages considérables. La liste précédente est extraite du travail si consciencieux d'Ilermann sur les anciennes abbayes, couvents et monastères de la saxe, de la Thuringe et de la Thuringe prussienne. — Voy. la Zeitschrift des Vereine für thüringische (ieschiclac und Alterihumskunde (léna, 1871), t. VIII, p. 1-176. Que ne possédons-nous sur tous les pays allemands des renseignements aussi exacts!

INSURRECTION A LANGENSALZA. 1525. 557

gens n'ont ni loi, ni frein, ni crainte de Dieu. Les religieuses errantes font compassion à voir; les prêtres, saus feu ni lieu, sont chassés de leurs saints asiles par ies pillards de temples. Moi-même, misérable et nécessiteux, je me vois, dans ma vieillesse, réduit à mendier mon pain'. Les émeutiers » , lisous-uous dans une

relation de Thuringe, « ont, dans beaucoup de localités, jeté les saintes espèces sur le sol; puis ils les ont foulées aux pieds, et, avec une insultante et sacrilège ironie, ils ont dit : . Si tu es notre Dieu, défends-toi! ajoutant beaucoup d'autres paroles et actes impies, inhumains et insensés 2. »

La fumée qui s'élevait des places incendiées témoignait de tous côtés du zèle pour la foi des frères chrétiens, des vrais amis du royaume de Dieu. Tout marche mal et lamentablement chez nous , écrit le receveur d'impôts d'Alstedt; les cloitres des environs ont été pillés. L'autorité n'est plus écoutée, tout le monde la méprise. C'est une véritable fatalité que, de tant de princes qui habitent ce pays, aucun ne soit disposé à tirer l'épée pour nous débarrasser de nos ennemis. « >< Comme les hordes n'ont plus de couveuts à détruire, elles se jettent maintenant sur les châteaux. beaucoup de nobles, parmi lesquels les comtes Ernest de Hoheusteiu et Gauthier de Schwarzbourg, se faisaient recevoir frères ■ dans la « sainte Union >-, et entretenaient des correspondances avec1 .Münzer. Bou nombre de prédicants de l'armée -, rapporte le receveur d'Alstedt, ■■■ prêchent l'Évangile d'après L'interprétation de Luther, et n'out pas un fort grand respect pour Münzer. « A Salza aussi, l'émeute s'est déclarée, soulevée par une foule de scélérats dépravés qui n'out rieu à perdre, et prêchent au peuple le vol et l'incendie pour la cause de L'Évangile.

La « Fraternité évangélique » organisée à Langensalza parlesave-

1 Voy. Tfn7.fi., ReL epp. Muiiani, p. 75-78. Mutian, après de longues erreurs,

• épouvanté à la vue de l'anime que la soif de destruction des novateurs ouvrait devant ses regards •, s'était de nouveau tourné vers l'Église mère, et

• la religion de ses ancêtres ne lui avait jamais paru plus digne de ses respects que maintenant que tout semblait s'unir pour la détruire .. Mais le souvenir de sa conduite passée pesait lourdement sur sa conscien e, car, lorsqu'il jetait les yeux sur la première partie de sa vie, il était obligé de reconnaître qu'il avait beaucoup contribué à préparer les événements actuels. Cette pensée empoisonnait ses jours et lui enlevait la confiance et la joie avec lesquelles ses amis catholiques entraient en lice pour la défense de l'Église. Jadis un motif d'excessive prudence l'avait empêché d'exposer ses idées; maintenant il se croyait, à cause de son passé, condamné au silence. Sans ressource, en proie à la plus cruelle détresse, il mourut le 30 mars 1520, dans les sentiments de la plus touchante résignation chrétienne. • 0 Christ, regarde ton serviteur avec mi>éricorde ! Que ta volonté soit faite! • Telles furent ses dernières paroles. — K.1MPSCBULTI, t. Il, p. 229-237.

s Voy. cette relation dans Sf.idf.mann, Thomas Münzer, p. 5.

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tier Melchior Wigand reçut, vers le milieu d'avril, une importante recrue dans la personne du prédicant Jean Teîgfuss '. Comme à l'occasion de la kermesse beaucoup de villageois des environs se trouvaient dans la ville, déjà gagnée en partie à la révolte, Wigand, le 20 avril, fit tout à coup sonner le tocsin, et la foule, promptement rassemblée, munie de carabines et de boute-feu, se rendit bientôt mai tresse du conseil. Ou commença par chasser de leurs couvents les moines et les religieuses; on leur répéta à plusieurs reprises que la communauté de Langensalza était décidée à ne plus tolérer de couvents, et cependant on avouait n'avoir aucun reproche à adresser aux religieux. Les églises et monasleres furent dépouillés; on mit tout ce qu'on y put trouver « en réserve », et l'on somma les moines de faire corvée, de fondre les balles, de garder la ville, de faire le service militaire et de se marier. « L'ancien culte fut aboli. Teîgfuss, prêchant sans aucune modération, conseillait ouvertement la révolte, injuriant le pouvoir et les autorités, et poussant à la destruction de tout ce qui était établi. » Le 29 avril, à la tête d'une horde considérable, il marcha sur Nagels tädt. La ville fut prise et pillée, les calices, ornements d'autel, croix, ostensoirs, orfèvrerie d'argent, enlevés aux églises; les cloches et les fenêtres brisées, les bestiaux, les céréales capturés. Le jour suivant, la populace de la ville s'unit à une horde considérable de paysans, parmi lesquels se trouvait Albert Menge, l'un de leurs chefs, « de son métier et selon les circonstances, médecin français, barbier ou tondeur de drap ». Le conseil et la noblesse des environs furent contraints de recevoir le « saint Évangile et les douze articles des paysans. Ensuite les frères chrétiens se levèrent », conduits par leur chef Wigand, résolus d'aller dans tout le pays environnant prêter main-forte à 1' « Évangile ». « Chers amis », écrivaient-ils au conseil de Weissensee, « vous savez très certainement que nous avons quitté Salza par la volonté de Dieu, pour le saint Évangile, et afin de vous proposer et vous faire adopter quelques articles fondés sur la sainte Écriture; si votre ville refusait de nous ouvrir ses portes, la redoutable horde de Mulhausen qui vient de détruire et d'abattre dans l'Eichsfeld les plus beaux châteaux, et ils sont nombreux, accourrait, et vous ferait subir de cruels dommages dans vos corps et dans vos biens. » Mais Weissensee tint néanmoins ses portes fermées. « Nous espérons », répondirent aux insurgés le conseil et les bourgeois, « bien qu'il soit impossible à l'homme de vivre sans péché, que nous nous sommes jusqu'à présent comportés en bons chrétiens. Pour le moment, nous entendons nous en rapporter entièrement à la parole de Dieu et à notre gra-

1 Voy. plus baut, p. 395.

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