‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 60 sur 630 · EXAMENS DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

EXAMENS DE CONSCIENCE

nent que des instructions sur la confession et la communion '. Parmi les livres dogmatiques sur la confession, le livre de Jean Wolff, vicaire de l'église Saint-Pierre de Francfort-sur-le-Mein, brille au premier rang (1478) 2. Il commence par une excellente instruction adressée aux enfants qui se préparent à se confesser pour la première fois, et contient à la suite de l'examen sur les dix commandements, des chapitres sur la foi, l'espérance et la charité, sur les sacrements, les diverses sortes de péché, la contrition, la confession et la satisfaction. Le pénitent, s'examinant d'après l'examen de conscience qu'il trouve en ce livre, doit se demander, par exemple, s'il a mis toute sa confiance en Dieu seul. S'il n'en est pas ainsi, il doit s'en accuser, et dire : « J'ai mis mon espérance de salut éternel, ou dans un saint, ou dans une créature », car « il faut mettre en Dieu seul toute espérance de pardon, de grâce et de salut ». Relativement au culte des images, Wolff s'explique ainsi qu'il suit : « Item, nous devons honorer les images des saints avec beaucoup de vénération, non pour ellesmêmes, mais parce qu'en les regardant avec respect, nous témoignons de l'honneur aux personnes que ces images représentent : c'est ainsi que l'a toujours entendu la sainte Église, et penser autrement serait de l'idolâtrie3. » Le chapitre sur le quatrième commandement est très-instructif. 11 est intitulé : Des devoirs des enfants envers leurs parents selon la chair, et du respect, amour et obéissance qu'ils leur doivent. Les devoirs des enfants envers leurs supérieurs spirituels, leurs maitres et instituteurs, les autorités temporelles, les pauvres et les vieillards y sont aussi exposés. A propos de ces derniers, il est dit : « Les pauvres vieilles gens sont tes père et mère suivant l'âge, et tiennent la place de Jésus-Christ. » Vient ensuite comme point de confession : « Je me suis moqué des pauvres et des aveugles, je ne les ai pas honorés avec les sept œuvres de miséricorde, je ne les ai ni visités, ni nourris, ni abreuvés, ni vêtus. Je ne les ai pas reçus dans ma maison, ni ensevelis suivant mes moyens; je les ai rudoyés, je les ai fait longtemps attendre à ma porte 4. » Le chrétien doit considérer son superflu comme la propriété du pauvre, et par conséquent s'examiner sur ce point, disant, s'il est coupable : « J'ai été trop attaché à mon

1 Pour plus de détails sur les examens de conscience, voy. Falk, Druckkumt, p. 38-iî, 99-104. — Voy. Minzenbekger, t. III, p. 33. — IIas.vk, licligiöse Literatur, p. 214.

â Voy. MüNZENBERGER, p. 3-33. — GBFFCKEN, p. 26-28. — Brück, p. 27-28, 35-37. — Voy. Eine schiine geistliche Lehre und l'nterweijsinge van <ler Bichte und ran dem Sterbenden mynschen und dem gülden Seelentrost (Magdebourg, 1486). — Voy. Ml NZENRERGER, p. 24-72.

3 Voy. p. 6 et 7. Le texte est tout semblable dans la traduction faite par Geiler de l'opuscule de Gerson sur les commandements. Gf.ffcken, p. 38. — Voy. sur le culte des images le tome second de cet ouvrage, 7e édition.

superflu qui est le bien du pauvre; je J'ai tant aimé que je n'ai pas donné l'aumône '. »

Sur le repentir nécessaire pour obtenir le pardon de ses péchés, il est dit : « 11 faut que tu saches qu'il y a diverses manières d'éprouver du repentir, de la douleur et du chagrin de ses fautes. La première, c'est quand l'homme remarque et comprend que ses péchés mortels sont opposés à une vie vertueuse et morale. Alors un grand déplaisir et dépit vient dans son cœur à la pensée de ses péchés... Les païens, les .luifs et les Turcs éprouvent la même douleur. La seconde, c'est lorsque l'homme remarque et réfléchit que, par ses péchés mortels, il a perdu et gaspillé son bon renom, et qu'il ne sera plus cru ni estimé parmi les hommes; alors ses péchés lui causent du repentir parce qu'il voit qu'il a perdu sa bonne réputation, et qu'à la place, il en a maintenant une mauvaise, étant considéré comme adultère, meurtrier, voleur, etc., etc. La troisième, c'est quand l'homme songe qu'un seul de ses péchés mortels le jettera dans le feu éternel de l'enfer; alors une grande douleur naît dans son cœur à la pensée que, s'il est surpris par la mort dans l'état où il est, il sera éternellement damné. L'homme se repent encore d'une autre manière; c'est quand il réfléchit que le péché mortel le privera de la vue du Dieu tout-puissant et de la béatitude éternelle; alors la douleur de ses péchés se fait jour dans son cœur à l'idée qu'ils lui ont ravi la félicité du ciel. Dans toutes ces douleurs l'homme ne cherche uniquement que son honneur et son profit; il ne désire fuir que ce qui lui est désavantageux, le déshonneur, les peines personnelles; ainsi, il se cherche lui-même, uniquement, et non l'honneur et la gloire de Dieu. Or, il faut que tous ceux qui sont coupables de péché mortel en viennent à les regretter uniquement parce qu'ils ont péché contre le très-haut, très-parfait et tout -puissant Seigneur, leur Créateur, leur Père et souverain Rédempteur; contre son amour paternel, insondable, et contre son honneur et sa gloire, outrageant par le péché mortel ses ordres divins et sa volonté. Lorsque l'homme ressent une telle douleur dans son cœur avec une forte et ferme résolution de ne jamais plus rien faire contre l'honneur de son Maître, lorsqu'il est résolu à confesser ses péchés, à faire pénitence, et met ensuite son espérance dans la miséricorde infinie de Dieu et dans la Passion de Xotre-Seigneur Jésus-Christ , alors les péchés mortels sont effacés de son âme et pardonnes, et l'amour créateur de Dieu lui est de nouveau donné et infusé; de telle sorte que cette âme retrouve sa belle parure, qu'elle est ornée et revêtue de nouveau par la grâce, et redevient le temple de Dieu. Avant et pendant la confes-

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