‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 613 sur 630 · PACIFICATION DE F R ANCF 0 RT-S U R-LE-M E IN · texte numérisé non relu

PACIFICATION DE F R ANCF 0 RT-S U R-LE-M E IN

trer en grand appareil dans la ville et de la remettre sous son obéissance, « que ceux de Francfort, malgré la soumission qu'ils affectent en paroles, gardent jusqu'à celte heure, et se proposent de conserver, trois prédicants luthériens qui sout les principaux auteurs de tous les troubles. Si Ton a la faiblesse de le tolérer, Votre Grâce peut apprécier elle-même les bons résultats d'une telle politique; aussi est-il très-nécessaire d'être vigilant, afin qu'à l'avenir de plus grands désordres soient évités1. Le renseignement était exact. Dès la fin d'avril, le conseil avait élu et installé des prédicants clans la ville. Le 4 juin, le saint jour de la Pentecôte », raconte dans son Journal Wolfgang Königslein, chanoine de l'abbaye de rsotre-Uame, • les échevins ont chargé un prédicant luthérien, un ex-moine, de prêcher dans noire église l'aprèsmidi. Le lundi et le mardi de la Pentecôte, le moine a de nouveau prêché; un autre luthérien a également parlé à Saint-Léonard. Ces deux prédicants étaient Dyouisius Melander et Jean Algersheimer. Tous deux », continue Königstein, « ont accablé d'injures le Pape et le clergé; de plus, ils ont blasphémé le Très- Saint Sacrement, raillant toutes les cérémonies du culte, et particulièrement la messe. » Le conseil, même longtemps après que la révolution de 1520 eut été entièrement apaisée, resta l'impuissant témoin des scènes de désordre et des actes séditieux dout les prédicants, soutenus par la populace, étaient les constants excitateurs. L'archevêque de Mayence ayant réclamé leur expulsion, le conseil lui écrivit : « Aous prions très-humblement Votre Grâce de vouloir bien avoir compassion de nous, car nous ne saurions lui obéir sans exposer notre ville aux plus graves dangers. Jusqu'à présent nous avons réussi à apaiser les troubles sans violence et effusion de sang, mais nous sommes fermement convaincus que les prédicants ne consentiraient point à abandonner sans résistance le poste qui leur a été confié2. »

J Appendice de la lettre du vendredi après saint Ulrich (7 juillet) 1525 dans Kraus, p. 91.

s Voyez dans l'appendice du journal de Kö.WGSTEiN, p. 203-204, les représentations faites par l'archevêque aux députés du conseil louchant la conduite des prédicants. Ces derniers avaient dit en pleine ehaire > que le Saint Sacrement n'était autre chose que de l'eau et de la farine; que les prêtres, les diseurs de messes accomplissaient une œuvre diabolique, qui crucifiait Dieu; que l'on ne devait ni se confesser, ni jeûner, qu'on n'était obligé d'obéir à aucune autorité, parce qu'on n'avait d'autre maître que Dieu . etc. Outre cela, plusieurs membres du conseil avaient pris part aux désordres. Königstein rapporte

qu'an chanoine de Saint -Léonard qui. escorté par ses parents el ses serviteurs, retournait chez lui à huit heures du soir, avait été attaqué par le bourgmestre Nicolas Scheit et par ses cens, tous à cheval, et avait été grièvement Messe . Il ajoute : ■ !.e jour ou le clergé, selon l'usage, portait processiounellement le Saint Sacrement à Sachsenhausen, Hechlhold de Ryn,

Page 1