‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 612 sur 630 · PACIFICATION" DE F R A N CFO RT-S U R-LE-M EIN · texte numérisé non relu

PACIFICATION" DE F R A N CFO RT-S U R-LE-M EIN

Pendant ce temps, le sénéchal Georges, traversant le Ries, avait pénétré dans l'Algau, et s'unissant à Georges de Frundsberg, qui lui amenait quelques milliers de lansquenets, avait contraint les« paysans à mettre bas les armes et à livrer leurs chefs. Les villages furent incendiés saus miséricorde. Dans le Hegau, Max Sittlich d'Hohenems et le comte Félix de Werdenberg remportèrent une importante victoire sur les insurgés près d'Hilzingen (16 juin 1Ô25). Dans le Klettgau, la révolte ne put être complètement domptée qu'en novembre, et Wahlshut, qui en avait été le premier foyer, ne se rendit qu'au commencement de décembre.

L'armée alliée de Trêves et du Palatinat, étant sortie de Wurzbourg le 13 juiu, acheva de soumettre les paysans dans des combats successifs sur le Mein et sur le Rhin. Le 15 juin, les princes auxquels s'étaient joints le coadjuteur de l'évéque de Mayence, Guillaume de Strasbourg et cent de ses cavaliers, convinrent d'imposer une amende générale à tout l'archevêché, puis de se partager les sommes recueillies. Ils se proposaient de marcher ensuite sur Mayence, et d'envahir le Rheingau; mais le coadjuteur étant intervenu, ou s'occupa de conclure un accommodement avec les révoltés de ces pays, qui avaient envoyé leurs chargés de pouvoirs aux princes. Ils prêtèrent de nouveau serment à leurs seigneurs, et payèrent quinze mille florins d'amende. Au camp de Pfeddersheim, où ce traité fut conclu, on vit aussi arriver des députés du conseil de Francforl-sur-le-Mein.

Les électeurs de Trêves et du Palatinat et le coadjuteur de Mayence avaient adressé à Francfort, le 18 juin, une lettre menaçante, portant que les princes avaient été informés que beaucoup de révoltés des villes et des campagnes s'étaient réfugiés dans la cité et y séjournaient encore, et qu'un assez grand nombre de nobles et de prêtres avaient été dépouillés de leurs bieus. Les princes exigeaient que nobles et prêtres rentrassent dans leurs propriétés, et que les réfugiés fussent livrés. Si Francfort ne faisait pas droit à ces deux réclamations, elle serait considérée par la ligue comme ayant pris part à la révolte '. Au reçu de cette lettre, le conseil s'était empressé d'envoyé1' ses députés aux princes. Ceux-ci apprirent en route que Mayence et tout le Rheingau s'étaient soumis, que le 23 juiu la cavalerie des princes avait, près de Pfeddersheim, fait un affreux carnage des paysans, dont plus de quinze mille avaient été massacrés; qu'on avait enlevé

1 Lettre du dimanche après le Corporis Christi (18 juin) 1525, dans le Frankfurter /liifruhrbueh, p. 32. — &IUUS, 80-81. Non-seulement ou devait restituer leurs propriétés aux gentilshommes des environs, comme le dit Steitz dans son livre sur Gérard Westei 'bourg, p. 98, mais aussi aux clercs.

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aux révoltés leur butin, leurs armes, et que le jour précédent Pfeddersheim avait été prise d'assaut. Lorsqu'ils arrivèrent au camp (25 juin), les princes leur firent représenter que personne n'ignorait ce qui s'était passé chez eux par rapport à certains articles acceptés par le conseil et contraires à Sa Majeslé Impériale, à la paix publique, au droit et à l'équité. Ces articles avaient été livrés à l'impression, répandus dans les principautés et pays environnants, et ne contenaient autre chose que ces mots, ou écrifs ou sousentendus : « Arrivez, chers frères, suivez-nous! Votre route est tracée devant vous, nous vous l'avons ouverte! »

Ces reproches n'étaient pas sans fondement. Les articles de Francfort avaient en effet servi de modèle aux émeuliers de Mayence, de Worms, de Spire, et vraisemblablement aussi à ceux de Cologne et de Münster, en Westphalie1.

On rappela ensuite aux délégués ce qui s'était passé par rapport aux sacrements, et que les prêtres, même les curés de Francfort, avaient été déposés. On voulait bien croire que le conseil n'avait pas pris plaisir à ces choses, et qu'il y avait été contraint; mais du moins était-il urgent que les auteurs de semblables délits fussent punis comme ils le méritaient, et que les articles fussent abolis; faute de quoi, les princes se verraient obligés de mettre le siège devant Francfort, et de se charger eux-mêmes du châtiment des coupables, comme ils l'avaient déjà fait en d'autres lieux. Après de longs pourparlers, les députés de Francfort apportèrent aux princes cetle déclaralion solennelle : « Sur notre honneur et loi, nous avons promis, assuré et conclu qu'en vertu de cette lettre, les derniers et nouveaux articles et traités que nous avions adoptés conjointement avec le clergé et la population dans la ville de Francfort, seront abolis, et nous les abolissons préseul cment, les considérant comme nuls et non avenus. » Ils s'engageaient à remettre Ses articles entre les mains de l'Électeur palatin, à rétablir le clergé » de tous les degrés dans son premier état et condition, et à lui rendre ses privilèges, libertés, dîmes, redevances, etc. ». De plus, ils promettaient de prendre si bien leurs mesures qu'à l'avenir de semblable, attentats contre la propriété, les voies de fait, les actes de rébellion, les émeutes ne pussent jamais se renouveler2.

Les articles furent en effet abandonnés, mais rien de ce qui concernait la religion et le clergé ne fut modifié. « 11 nous est prouvé, et de surs renseignements nous l'attestent », écrivait le 7 juillet à l'archevêque de Trêves le coadjuteur de Mayence qui venait de ren-

1 Voy. Stf.it/, Gerhard \Veslerl>otir{;, p. 104-105. * ânfruhhucli, p. 30-41. — Voy. KRAUS, 81-83.

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