TRADUCTIONS ALLEMANDES DE LA BIBLE
.Jésus, dû haut du ciel.
Sera notre protecteur.
Quand m'instruiras- tu,
.Jésus, mon unique trésor?
Quand pourrai-je chanter tes louanges
Sans fin, éternellement?
Mon repentir est amer!...
Oh! prends-moi dans tes bras,
Aie pitié de moi,
Mes péchés me causent tant de douleur!
Puisque tu t'es livré pour moi
A de cruels tourments,
Donne-moi ta grâce et ta bénédiction
Par ta mort très-sainte!
0 Jésus, Maître très-bon,
Regarde-moi avec miséricorde,
Afin que de cœur et de courage
Je t'aime toujours de plus en plus '!
« Tout ce qu'enseigne la sainte Église, est-il dit clans la Porte du ciel (1513), tout ce que tu eutends ou lis dans les sermons et les autres instructions, ce qui est écrit dans les livres spirituels, ce que tu chantes à la gloire et à la louange de Dieu, les prières que tu fais pour obtenir le salut de ton âme, ce que tu enduises dans les contradictions et les épreuves, tout cela doit t'exciter à lire avec humilité et dévotion les saintes Ecritures, les Bibles qui sont maintenant traduites et imprimées en langue allemande et partout l'épandues en grand nombre, soit complètes, soit abrégées, et que tu peux acheter aujourd'hui pour peu d'argent 2. »
Le nombi'e des traductions de l'Ancien et du Nouveau Testament, soit complètes, soit en parties séparées, était en effet considérable. On compte onze éditions des psaumes parues avant 1513; vingt-cinq, antérieurement à 1518, des Évangiles et des épitres. En même temps, jusqu'au moment de la scission de l'Église, il ne parut pas moins de quatorze éditions de la Bible en haut allemand et cinq en bas allemand. Parmi les premières, il faut noter les belles éditions d'Augsbourg (1477, 1480, 1487, 1490, 1507, 1518), les éditions de Nuremberg, 1483, et celles de Strasbourg, 1485 s. Au commencement du
1 IIasak, p. 1-2.
3 Kehrein, Deutsche Bibel Übersetzung vor Luther, p. 33-53. — Voy. Hain, n0' 3129- 3143. — Steiff, p. 9. — Alzog, p. 65-66. D'après l'opinion la plus répandue, la première traduction de la Bible en bon allemand parut en 1466 chez Eggestein, à Strasbourg. La première en bas allemand parut à Delft, en 1477. (Voy. Van der Linde, p. 105.) La première en bas saxon, à Lübeck, 149 ï.
seizième siècle, on se servait déjà d'une sorte de Vulgate, en allemand, qui servait de type '.
Comme les livres de dévotion et d'enseignement, la plupart des éditions de la Bible étaient ornées de beaucoup de gravures, afin, comme le disait l'éditeur de la Bible de Cofogne (1470-1480), que le lecteur se trouvât plus attiré à prendre fréquemment en main la sainte Bible. C'était aussi le but qu'on se proposait clans les Évangéliaires, comme cela y est expressément et maintes fois répété. « Ils doivent servir, y est-il dit, à porter les fidèles à la lecture assidue et aimée de la Bible, particulièrement à celle de l'Évangile, dont la force et la vérité dépassent toutes les autres parties de l'Écriture sainte. » L'éditeur de VÊvangéliaire de Bàk s'exprime de la même manière (1514). Il pose en principe pour tout chrétien raisonnable la nécessité de l'étude de la Bible : « Nous aurons à rendre un compte bien sévère à Dieu de l'emploi de notre temps, car le temps présent est appelé le temps de la grâce, il est infiniment précieux aux hommes pieux et bons. Il faudrait donc conseiller à tout chrétien sensé de lire volontiers en toute occasion la sainte Écriture, afin qu'il apprenne à connaître Dieu, son créateur et son Seigneur; car les grâces que l'homme peut obtenir de Dieu en la lisant ou l'écoutant lire sont inexprimables; surtout il faut se conduire d'après ce qu'on lit, car l'apôtre saint Jacques a dit dans le quatrième chapitre de son épitre : « Celui qui sait le bien « qu'il doit faire et ne le fait pas, est coupable de péché. » 11 énumère ensuite les grâces diverses accordées à ceux qui lisent ou écoutent lire la sainte Écriture, et il ajoute : « Sache donc qu'il n'est point d'inquiétude ni d'épreuve si grandes qui ne soient consolées certainement par la grâce du Saint-Esprit pendant la lecture de la sainte Écriture, pourvu qu'en lisant, tu mettes toute ta confiance en Dieu, et la prennes fidèlement à cœur; car celui dont la foi est faible reste sans secours et sans grâce , au lieu que la foi ferme et vigoureuse trouve partout la force et la consolation au milieu de grâces abondantes. C'est pourquoi .Jésus-Christ, notre cher Seigneur, disait à saint Pierre qui se croyait en péril de mort sur les eaux : « O homme « de peu de foi, pourquoi doutes-tu de ma puissance et de ma force? » « Il faut, dit-il encore, distinguer cinq classes de lecteurs : les premiers lisent seulement pour savoir, non pour agir, et afin de pouvoir reprendre les autres, et cela s'appelle vanité orgueilleuse. Les seconds ne lisent que pour s'entendre louer et passer pour des
1 Geffcken, p. G-10. — Voy. Muer, dans le Journal théologique trimest. de Tubingue, t. LVI, 094. Le bibliothécaire du couven-t des Prémontrés, le Père Philippe Klimesch, prépare avec une exactitude toute diplomatique l'édition du Codex Teplnnsis contenant le Livre du Nouveau Testament, le plus ancien des m;jnuscriis allemands du saint Évangile, le même qui a servi de modèle àtoutes les Bibles allemandes imprimées au quinzième siècle, Munich, 1881.