‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 142 sur 573 · ÉMOI DES PROTESTANTS AU SUJET DE DONAWERTH · texte numérisé non relu

ÉMOI DES PROTESTANTS AU SUJET DE DONAWERTH

Dès le mois de décembre, l'année d'exécution fut licenciée. On se contenta de laisser dans la ville une garnison de 300 hommes.

Écrivantau Pape, Maximilien lui exprime l'espoir que la fermeté de Rodolphe va rendre quelque prestige à l'autorité impériale, et que la religion catholique tirera grand profit des récents événements : « Tout ce qui s'est passé, » ajoute-il, « sera un encouragement et une consolation pour tous les territoires catholiques ^. w

Ce fut le contraire qui arriva. Non seulement l'autorité de l'Empereur et la religion catholique ne tirèrent aucun avantage de l'exé. culion du ban, mais cet événement servit les desseins du parti révolutionnaire palatin.

Un docteur de Mayence, Edmond Schrader, écrivait le 11 janvier 1608 deRatisbonne : « Il semble qu'un violent incendie se soit tout à coup déclaré dans le camp des Protestants. A propos deDonawerth, tant de bruits mensongers ont été répandus que jamais on n'a rien vu de semblable. » En se rendant à Ratisbonne, Schrader avait entendu dire lui-même à des hommes graves qu'à Donavverth tous les luthériens avaient été contraints d'abjurer leur foi sur la place du marché, et que les récalcitrants avaient été jetés en prison et mis aux fers ; qu'on avait arraché des enfants à leurs mères pour les faire rebaptiser de force selon le rite papiste; qu'une femme ayant refusé de livrer les siens, avait été égorgée ; que les Jésuites, du haut des chaires, répétaient continuellement à leurs auditeurs que la ville serait réduite en cendres si elle conservait un seul hérétique dans ses murs, et que, les Protestants étant maintenant impuissants et découragés, l'occasion était excellente pour les détruire dans tout l'Empire par le fer et le feu, le Pape et le roi d'Espagne devant seuls régner sur le monde. « Les Jésuites et leurs amis sont à l'œuvre, » disaient ces mêmes alarmistes; « les Evangéliques doivent de toute nécessité se rassembler, s'unir de toutes les parties de l'Allemagne, et se mettre à l'abri des attentats de cette diabolique engeance, car il ne s'agit pas seulement de la liberté, mais de la foi et du salut, et il est impossible de se courber sous le joug du démon. » Surtout, les villes d'Empire devaient être sur leurs gardes, de peur que le sort de Donawerth ne devint le leur. Le parti protestant eut vu beaucoup plus volontiers Donawerth au pouvoir des Turcs que sous le joug« anti-chrétien» de Rome. HansSepp.d'Ulm, informa lepublic des prétendus complots ourdis par les papistes contre les villes dEm pire dans un long poème qui se terminait ainsi :

' Wulf, t. Il, pp. 2Ö4-2ÖO.

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