‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 141 sur 573 · COMMENT LES PROTESTANTS FURENT TRAITÉS A DONAWERTH · texte numérisé non relu

COMMENT LES PROTESTANTS FURENT TRAITÉS A DONAWERTH

Dans ce cas, ils approuvent qu'on promette la tolérance *. Le duc doit agir avec une grande circonspection, une extrême douceur; permettre l'exercice public du culte luthérien, mais n'autoriser à prêcher (jue des prédicants pacifiques, n'ayant point coutume de soulever et d'aigrir l'homme du peuple contre notre religion et contre nous. D'autre part, il doit s'etîbrcer de n'établir sur les paroisses que des prêtres de nia'urs irréprochables, sachant traiter avec le peuple, et capables de le bien instruire dans la doctrine catholique. La présence permanente des Jésuites sera très utile au but qu'on se propose. L'Empereur doit être prié d'assigner une des églises de la ville aux Catholiques; si, plus tard, un bourgmestre zélé est élu, on verra bientôt un grand nombre d'àmes revenir à l'ancienne religion, la plupart des hommes se laissant ordinairement diriger dans les choses de la foi par quiconque leur parle avec autorité. D'ailleurs beaucoup, s'ils l'avaient osé, seraient catholiques depuis longtemps. Lorsque la tranquillité sera rétablie, les fidèles dispersés reviendront peu à peu dans la ville -. »

Le duc écrivit de sa propre main pour ses commissaires l'ordre de ne faire aucun changement dans les choses religieuses. Comme les prédicants, principaux agitateurs populaires, avaient tous pris la fuite, les Catholiques prirent possession de l'église paroissiale, (( devenue semblable à une demeure sans maître » ; les Jésuites eurent la permission d'y prêcher, mais non d'y exercer autrement leur ministère. Le chantre protestant eut aussi la liberté d'y chanter les hymnes et les psaumes du service luthérien. Les Protestants furent laissés libres d'aller au prêche à Berg ou à Zirgeshein, et d'y recevoir les sacrements. Aux funérailles des protestants, les chants, les hymnes habituels furent conservés. Lorsqu'un habitant de la ville se présentait pour abjurer, les commissaires lui faisaient entendre que rien ne l'y forçait, et qu'il devait se garder de toute hypocrisie, le duc ne voulant faire aucune violence aux consciences. Pour ôter aux membres d'Empire protestants tout prétexte à récrimination, les commissaires lirent dresser par la bourgeoisie prolestante un acte certifiant qu'on n'avait usé d'aucune pression. Cet acte fut notarié ^.

1 «Hacreticis in uegotio llbcrlatis relig-ionis fîdem esse servandam, et tolcrandam libertatem relig'ionis, cum sine majori delrimento imperiri (impediri) non possit : in quo casu eliam licite et lioneste pacisci possit. » C'est ce qu'enseignait, d'accord en cela avec beaucoup d'autres théologiens, le jésuite de Maycnce, Becan, dans un traité spécial sur lequel nous reviendrons plus tard en étudiant la polémique à laquelle la paix de religion donna lieu.

« Stieve, Ursprung, pp.2G5-2G8. Voy. Wolf, t. II, pp. 260-267. D'après Stieve (Annotations, pp. 94, 268, note 1), ce documenta été tronqué.

a WoLF, t. II, p. 268. Stieve, pp. 268-270, Lossen, pp. Ü6-37.

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