LA QUESTION DE DONAWERTII
pas bien la nécessité, puisque, du côté catholique, ladite paix a toujours été fidèlement et strictement observée, jamais oubliée ou disputée, et puisqu'à toutes les Diètes elle a été renouvelée, et a reçu de nous de nouvelles sanctions ». « Cependant, pour n'avoir pas l'air de redouter cette confirmation, nous y avions consenti, à la condition que tout ce qui avait été fait contie la paix depuis l/io.j serait remis dans l'ancien état, comme le voulait l'équité. Cette condition, nous l'avions surtout posée afin que le renouvellement et la confirmation delà paix ne parussent pas de notre part comme l'approbation de tout ce qui s'était passé depuis, et pour que tous ceux qui avaient été lésés conservassent la faculté de revendifjuer leurs droits en se basant sur les articles de la paix. Mais bien que toutes ces choses fussent en elles-mêmes justes et équitables, conformes de tous points aux lois et au traité d'Au^'sbourg, les Protestants ont déclaré hautement qu'ils ne pouvaient et ne voulaient entrer dans aiicune n(''gociation, dans aucune relation avec nous, tant que ce parat^raphe n'aurait pas été supprimé. Vi\ [»areil [trocf'-dé est directement oj)pos('' à toutes les li-aditions, car toujours, dans toutes nos assemblées, toutes les fois qu'au conseil des princes ou des Klecteurs on n'a pu venir à bout de s'entendre, le dittérend a été soumis à l'Kmpereur ou à son cliar;:é de pouvoirs, qui en a été constitué l'arbitre. IMus tard, lorsque Sa Majesté a proposé l'acte d'interposition, les Catholiques l'ont accepté à l'unanimit»'", en vue du bien public, du maintien de la paix et de l'union, et les Protestants, au contraire, l'ont repoussé, refusant toute explication, toute société avec les Catholiques aussi longtemps que leur clause n'aurait pas été retranch<''e. C'était exiger cpie nous abandonnassions à jamais tout espoir de recouvrer les abbayes et les l)iens ecch'siasiiques confisqués; c'était admettre d'avance d'autres réclamations également désavantageuses aux Catholi(|ues et à l'Empereur. Ces faits disent assez à (|ui l'on doit imputer l'inutilité de la Diète. La justice eût voulu l'insertion de la clause catholique. Ceux de l'ancieime religion ne peuvent cependant pas renoncer aux droits (|ue le traité d'Augsbourg et les recez d'Empire, en particulier celui de lo(>6, accordent à tous ceux qui se croient lésés. .Jamais, d'aucune manière, les Catholiques n'ont imposé aux Protestants par la violence une chose contraire à l'éciuité, à la tradition ou aux termes exprès de la paix, et dans l'avenir, ils sont fermement résolus à garder inviolablement les articles de la dite paix, et à ne jamais rien imposer à personne qui la puisse contredire *. »
' W'oLF, t. II, pp.298-307.oLes membres d'Empire catholiques,» écrivait lambas-
326 DISSOLUTION DK LA DIKTE DF. RATISBONNF. \C)QS.
L'afTairc de Donawerlli, qui, avant l'ouverture de la Diète, avait suscité tant d'alarmes et fait redouter « les complots, les cabales sanglantes des papistes », joun, pendant la Diète, un rôle très secondaire. Les palatins ne s'en ('îtaient servi que dans le but de gagner des partisans à l'Union. Dans l'adresse du 27 avril, où le parti expose ses griefs et fonde sur eux la nécessité où il se trouve « de se retirer et de s'abstenir», le nom de Donawortli n'est pas même prononcé. Les princes voulurent cependant faire quelque chose en faveur de la petite cité, et remirent le 24 mars à l'Empereur un mémoire où tout ce qui s'était passé était représenté comme illégal, contraire à la paix civile et religieuse aussi bien qu'à la constitution de l'Empire et du cercle. Que les Catholiques de Donawerth eussent été oppi'iméspar le conseil, qu'ils eussent été dépouillés de leurs droits, les Protestants refusaient d'en convenir. Ils affirmaient, au con~ traire, que le conseil s'était constamment préoccupé d'agir conformément « à la sainte paix de religion ». Ne songeant qu'à se défendre et non point à attaquer, et pour le maintien des libertés traditionnelles, quelques citoyens avaient cru devoir s'opposer aux prétentions de TAbbé de Sainte-Croix. Ce qui était arrivé plus tard, eux, les membres d'Empire évangéliques, ne pouvaient en rendre responsables que les esprits turbulents qui, dès le début, avaient pris plaisir à souffler l'incendie sur une pauvre petite ville, et se fussent grandement réjouis de le voir se propager avec le temps dans d'autres cités plus importantes, car ils cherchaient partons les moyens possibles à violer la paix ou même à l'abolir totalement. « Par pure charité chrétienne, » les membres d'Empire prolestants avaient pris parti pour Donawerth, et suppliaient l'Empereur de la remettre le plus tôt possible dans la situation religieuse et politique où elle était avant les derniers événements*.
Les ambassadeurs du Brandegourg s'étaient efforcés, dès le 28 mars, de faire comprendre à leur Electeur les avantages de la dissolution. L'Empereur, lui avaient-ils dit, aurait évidemment mille difficultés, dans l'avenir, à convoquer la Diète. Jusque-là, les Protestants auraient tout loisir de conclure entre eux une ligue si puissante qu'on n'aurait à se préoccuper d'aucune opposition, parce qu'ils seraient en état de conduire un plan général, et d'avoir par-
sadeur de Bavière à Munich, « se sentent obligés de réfuter la déclaration impudente des Protestants, afin de n'avoir pas à en subir l'humiliation dcA'ant les contemporains et devant la postérité. » v. Egloffsteix, p. 94.
• Voy. WoLF, t. II, pp. 317-329. Sur les délibérations qui précédèrent la rédaction de ce message, voy. Ritter, Briefe und Acten, 1. 1, pp. 653-657. Losse>", Donauwörth, pp. 58 et suiv. Stieve, Ursprung, pp. 252-260.