‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 163 sur 573 · LA RUCHE DE JEAN FISCHART · texte numérisé non relu

LA RUCHE DE JEAN FISCHART

Sous le pseudonyme de Jesuwalt Pickard, Jean Fischart, poète et jurisconsulte de Mayence, fit paraître en lo79; la traduction d'un libelle de Philippe de Marnix contre l'Église romaine, intitulé: la Ruche des saintes abeilles de Äo?/ie. Fischart avait beaucoup ajouté au texte original.

Marnix, qui avait joué un rôle important dans la révolution politique et religieuse des Pays-Bas, appartenait au parti des Gueux, à ce parti extrême qui rejetait toute tradition chrétienne. Avec le calviniste Théodore de Bèze, il regardait la liberté de conscience comme « un dogme diabolique », et disait: « Laisser chacun vivre d'après sa conviction religieuse, c'est un acte de folie, tout aussi criminel qu'épargner un empoisonneur public*. »Marnix avait défendu contre un luthérien, indigné des excès révolutionnaires, les effroyables pillages, les sauvages profanations des églises des Pays-Bas. La fureur populaire déchaînée n'était, selon lui, « que l'arrêt prononcé par Dieu même contre la superstition, » et Dieu s'était servi de la main des hommes pour exercer ses vengeances 2. Le papisme, aux yeux du héros delà révolution calviniste, « était une abomination, une superstition criminelle; travailler à le détruire était le premier, le plus saint devoir d'un chrétien vraiment digne de ce nom, » etil avait pris pourlebut de toute sa vie, non seulement de réfuter la doctrine catholique, mais encore c de la déshonorer, de la noyer dans la fange,^ ».

La Ruche est un amas des plus basses calomnies, dirigées non seulement contre les Catholiques, mais contre la doctrine luthérienne de la Cène, « cette grossière nourriture charnelle, ce breuvage sanglant ». « Le tour d'escamotage du pain » n'était pratiqué par les prêtres catholiques qu'à cause du grand profit qu'ils en retiraient, et parce qu'il était devenu pour eux « une excellente vache à lait ». « Les papistes, » lit-on dans la Rucke, « boivent le sang

' Voz. Alberdixgk: ThIjm, Marnix, p. 57. - Alberdingk Thijm, t. XI, pp. 53-54.

ä J'emprunte cette phrase à Edgard Ouinet, qui n'est pas sans avuir â\ùc Marnix quelque analogie d'esprit. Voy. Alberdink Tuum, pp. 40-41.

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