CONTRE LES CONVERTIS
c'est que^ dans ces derniers et lamentables teraps^ beaucoup d'infortunés, séduits par Satan, ont abandonné leSaint-Evangile, la doctrine qui seule conduit au salut, pour courir se jeter dans la gueule du papisme maudit et diabolique. Ces renégats prennent après leur crime la défense du papisme par laparoleet par la presse, et s'acharnent à nous perdre avec une ardeur incomparable. »
La puissance des ténèbres faisait sentir son action tous les jours davantage :
« Beaucoupde ces suppôts d'enfer qui niaientla vérité évangélique en toute connaissance de cause et avec une malice préconçue, comme ils l'ont avoué eux-mêmes, ont été entraînés en enfer par le diable avant d'avoir rendu le dernier soupir; on les a entendus hurler comme des tigres et des loups. Et ce sort épouvantable est certainement réservé, s'il ne l'a déjà subi, au plus rusé de tous les coquins, au tailleur Nas, qui, d'après de sûrs renseignements, mène toujours avec lui un diable vivant qu'il porte dans un verre, quelquefois dans un anneau, et qui le conseille et lui dicte tout ce qu'il doit faire*. »
En 1566, le surintendant Erasme Alber, avait menacé des plus effroyables châtiments du ciel lesennemis de l'Évangile et tous ceux qui oseraient le contredire. 11 racontait qu'un grand nombre de ces téméraires étaient morts subitement^ à Worms, Brunswick, Bautzen, Berlin et ailleurs. « Ces exemples sont si nombreux, » disait-il, «qu'on pourrait en composer un fort gros volume, Jacques Latomus s'est donné la mort, ainsi que le blasphémateur Pighius; Jean Hofmeister est devenu fou ; un évoque de Trêves, avant d'expirer, a beuglé comme un taureau ; beaucoup pensent, et c'est une commune croyance en Italie, que le Pape Paul lil est mort avant que le docteur Martin Luther n'ait été rappelé de ce monde; que Satan s'était caché dans le corps de ce Pape, de sorte qu'il avait paru vivre étant cependant trépassé, prodige que le diable peut très bien opérer quand Dieu le permet -. »
Le même prédicant défendait à ses auditeurs de lire aucun livre papiste « sous peine de damnation éternelle » ; il leur défendait également d'en garder dans leurs maisons, surtout ceux « des renégats sataniques, des mamelouks apostats, Staphylus, Nas et autres misérables de son espèce ». « Il faut craindre les écrits de ces genslà plus que la peste, » disait-il; « quiconque les lit ou seulement
* Die rechte Ausslegung der geheijinen Offenbarung,])^). 17, 19. Sur les innombrables « apparitions et miracles » du diable à cette époque, voy. notre 6« vol.
ä Wider der verffackte Lehre der Carlstader, etc.(Newenbrandung, 1557). Préface, f. i-3.