‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 216 sur 573 · LA RÉPRESSION DES HKRÉTIQUES CHEZ LES PROTESTANTS. 40I · texte numérisé non relu

LA RÉPRESSION DES HKRÉTIQUES CHEZ LES PROTESTANTS. 40I

« puni de mort et brûlé vif, selon les us et coutumes ordinaires^ ». Dans le Brandebourg, même jurisprudence. Le code pénal de l'Électeur Georges-Frédéric, édicté en 1382, porte que « quiconque sera reconnu héréti(jue par des juges ecclésiastiques et livré pour cette raison au pouvoir civil, devra expier son crime sur le bûcher 2 ».

' Voy. les deux sentences in extenso dans Carpzov, Practica nova, pars I, pp. 243-;ä46.Garpzov lui-même écrivait en (635, à propos du châtiment des hérétiques: « Nefandum crimen haercsecs est çravissimum atque alrocissimum, quippe quod non in homines, ut pleraque iniquitas et malitia, sed in autorem Deum communemque omnium parentem ac Dominum, detestabih's et execranda perfidia est. » Carpzov, Practica noua, I, q. 44, et II, p. 2il. « Haeresia autem apello pcrtinacem in articulis fidei errorem. » (N. 4.). Tantum itaque abest, maçistratum {)oliticum in haeriticos animadverterc non posse, ut potius hoc facere eidem omni jure incumbat, si alias officio suo funçi et cultum divinum sartum tectumque conservare velit. Idque tam apud nostrates theologos quam pontificios atque Calvinianos minus dubii habet. Ast illud controversum est, an haeretici ultimo supplicio afficiendi. »(n. 19). « Les Papistes et les Calvinistes, » dit Capzov, « répondent afilrmativement à celte question ». Hi (Calviniani) enim quando liberiori fruuntur aura et praesidio potenliorum sese tutos esse animadvertunt, in hasce tyrannicas voces erumpunt : haereticos esse occidendos ». Beza. vol. I. fal. 153 sq., Danaeiis in ethica Cfiristian.. t. Il, c. 13 fol. 159; Francise. Jun. in defens. 2 de S. Trinitatc, p. 4. quin Luc. Oslander in « Response ad apoloi^. Heidelbergens » dixisse quondam Ecclesiasten Calvinisticum quemdani lestis est : si liomanus Imperator foret, si omnes inlerfecturum, qui suam reliçionem non amplecterentur » (n. 28). Les Evangelici orthodoxi sont plus indulgents ; d'abord l'exhortation, puis l'e.x;communicalion, enfin si cela ne suffit pas, l'exil (n. 30-31). 11 es-t vrai que la clause suivante semble annuler presque entièrement cette indulgence : « Quod si vero haeretici aut facinorosi et seditiosi, pacis publicae et civilis violatores existant, alios ad seditionem commoventcs ; vel si sint blasphemi, qui absque fronte et manifestis verbis Deum Patrem, t'ilium et Spiritum sanctum blasphémant : his capitis poenam seu ultimum supplicium decerni, nulla prohibet religio. Et in hoc fere conveniunt omnes...; sic Berna; de Valentino Gentili, Genevae de Servelo sup[)licium fuit sumptum... Usu ac consuetudine Sa.xonica obtinuit, ejusmodi haereticos seditiosos aut blasphémantes igné comburi. » (n. 41-45), pp. 242-243. Capzov lui-même croit suffisante la peine de mort par le glaive.

- Peinliche Hulssfjerichtsordnun'j, fol. 27, n» 132.

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494 LA DOCTRINR CATHOLIOUE TRAVESTIE.

la doctrine catholique, ils l'appellent « l'écume de l'idolâtrie et du blasphème », afjn d'inspirer au peuple une horreur profonde pour ce qu'ils appellent la synagogue papiste du diable et les satellites de Satan. » « Tous les Protestants qui reviennent à l'Église Catholique et s'expliquent sur les motifs de leur conversion sont unanimes à désigner comme la première et principale raison de leur retour à notre foi, l'examen attentif qu'ils ont voulu faire euxmêmes de notre doctrine, car en examinant les choses de près, ils ont reconnu que notre Église enseigne tout autrement que ne le disent leurs théologiens et prédicants; sur la justification, sur les bonnes œuvres, sur les sacrements et les sacramentaux, sur l'invocation des saints et la prière pour les morts, on a travesti, déliguré notre enseignement. »11 estfacile de se rendre compte des idées fausses accréditées jusque dans la classe cultivée sur les dogmes catholiques, en lisant l'autobiographie de Luc Geizkofler. Luc, loin d'être un fanatique exalté, étaitd'un naturel bienveillant ; il avait des rapports fréquents avec les Catholiques ;'ccpendant il affirme gravement quel'Église romaine enseigne comme vérités de foi que Jésus- Christ n'est mort que pour effacer le péché originel, qu'étant monté au ciel par ses propres mérites, tous les chrétiens doivent, à son exemple, conquérir le paradis par leurs bonnes œuvres; que parmi les papistes, la Sainte-Écriture, d'après un constant usage, est interprétée un jour d'une façon et l'autre jour d'une autre; que l'Église persuade aux fidèles qui, d'après l'institution de Jésus Christ, communient sous les deux espèces^ que non seulement ils ne retirent aucun fruit de leur communion, mais qu'elle leur est imputée à péché, et que la sainte Vierge doit être invoquée dans toutes les nécessités et périls comme une divinité toute puissante'. »

Le théologien protestant Christophe Pezel avait certainement une idée tout aussi fausse de l'Église Catholique, puisqu'il récrivait en 1599: « L'Église romaine est une synagogue de scélérats ; l'empire de l'Antéchrist est une caverne de brigands ; la superstition romaine est la mère de toute impureté 2. » Le prédicant Echart, en 160d^ s'offrait à démontrer, par dix-sept preuves irréfutables, « que les papistes ne possèdent pas et ne révèrent pas le vrai Dieu, qu'ils n'ont pour lui nul respect. » « La foi des papistes est, en vérité, monstrueuse, chimérique, païenne, contraire à la nature, diabolique ; c'est un abîme de perdition, c'est l'hôtellerie dessodoraites, des voleurs et

' Jesaiticoriiin catechlsmorum vefatalio, (Brème 1599), pp. 276-277. Léonard Hutter, dans son livre De lamentabili etc. statu Ecclesiae, public en 1608, a calomnié plus que personne la doctrine catholique.

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