PRECHES SUR LE CULTE CATHOLIQUE ET LES CATHOLIQUES
l'usage, s'étendait longuement sur les abominations du papisme. « Le Christ, « disait-il, » n'a, selon les Catholiques, satisfait que pour le péché originel, et les hommes, pour être sauvés, doivent satisfaire personnellement pour leurs péchés par les bonnes œuvres ; les pa. pistes adorent les saints et les images; à leurs yeux, les penchants les plus honteux sont innocents, » etc. « Dans le papisme, ceux qui ont le plus d'argent doivent expier davantage, et pourtant ce que les Catholiques regardent comme la plus grande calamité et la pire des erreurs, c'est la pauvreté, car on peut être purifié des abominations contre nature et des plus grands forfaits pourvu que l'on fasse à l'Eglise des dons en argent. En un mot, tout, dans le papisme, n'est que pure idolâtrie : la messe, l'Eucharistie, la confir- mation,qui renferme la quintessence des artifices du démon, etc. ». « Le saint chrême est un baume de sorcier. » Hunnius se dit obligé de répéter toutes ces choses au peuple protestant, parce qu'il s'aperçoit que beaucoup de personnes sont, pour le moment, entraînées vers le papisme. « Les parents ont le triste courage d'exposer leurs enfants à tomber dans les pièges de Rome ; ils les font élever dans les écoles des Jésuites ou dans les couvents papistes. Aussi les docteurs vraiment animés d'un saint zèle doivent-ils s'acquitter avec fidélité de lamission qui leur a été confiée, et avertir ces parents abusés de se méfier des loups dévorants, surtout actuellement, où le diable travaille sans relâche au rétablissement de son empire, et cela par des attentats secrets et sanglants, par la violence et par la ruse i ».
Les prédicants, de leur côté, excitaient les passions populaires : « Assis sur le trône du papisme, » disait à son auditoire Erhard Lauterbach, surintendant de la collégiale de Naumbourg, « le diable régit le monde, il propage ses mensonges romains, diaboliques et pervers. Nous, nous sommes le peuple choisi, les pâturages du Seigneur, les brebis de son troupeau, au lieu que le loup romain le Pape, les cardinaux, les évoques, et toute la prètraille, sont hors du bercail du Christ, et nous sommes séparés d'eux autant que le ciel est éloigné de la terre. Au témoignage des démons eux-mêmes, il n'est pas de pire société que celle dont le Pape est le chef. Au jugement dernier, nous nous élèverons contre le Pape, et nous lui crierons : « Va-t'en, bête maudite, va dans la damnation éternelle 1 avec tous ceux qui t'appartiennent! Là, tu seras tourmenté par le feu et le soufre, les tortures les plus raffinées seront ton partage, et tu les subiras devant tous, devant Luther et tous les anges
ÔOO l'REGUES SUR LE CULTE Ü.VTI10L1QÜE ET LES CATHOLIQUES.
lidèles, devant les messagers et les vrais serviteurs de Üieu *. » Un sermon « vraiment évan;,'éli(jue ».prononcé à Dresde, en 1608, le jour de l'Ascension, par Polycarpe Leiser, montre comment le culte catholique, même en chaire, aux jours do fêtes les plus solennels, était livré au mépris public. En un style qui ra[)pellô celui de la Huche, Leiser raille les usages et les rites catholiques, depuis la messe jusqu'au baptême des cloches. Il se moque de la manière dont les prêtres disent la messe, tantôt marmottant tout bas on ne sait quoi, tantôt élevant la voix ; ils se frappent la poitrine comme s'ils voulaient mesurer deux aunes de drap, etc. L'auteur assure qu'en faisant imprimer ce sermon « il croit faire une œuvre chrétienne, utile et agréable à l'Eglise de Jésus-Glirist - ».
Un autre prédicant disait en chaire : u On devrait prendre à cœur les paroles du savant théologien Jacques Heerbrand au sujet des maudits et sataniqucs prêtres à messe qui desservent la synagogue de l'Eglise romaine. Rappelons- nous ce qu'il a dit: a Les idoles huilées et graissées pensent et prétendent qu'en vertu de leur ignoble chrême ou pommade, ils ont le pouvoir de changer le pain et le vin au corps et au sang de Jésus-Christ. 0 tondus impies, vous et tous les sortilèges d'Egypte vous ne sauriez réussir à faire un pou, com* ment donc produiriez-vous le Corps de Jésus-Ghist? » Voyez comme Heerbrand a bien dit, ce jour-là! Ils ne sauraient faire un pou, et pourtant tout, chez eux, est commerce de poux, car il n'y a presque rien qui soit bon et agréable à Dieu dans le papisme, et tous ceu.\ qui habitent une ville papiste le voieiit de leurs propres yeux. Leur service divin n'est qu'une pure idolâtrie ; leurs sacrifices, qu'une série d'impiétés ; leurs prières, qu'une pleurnicherie continuelle, surtout parmi les femmes dévotes, célèbres pour leur impudicité. Leur jeûne trompe Dieu, c'est un honteux travestissement de là parole divine ; en secret ils se bourrent, s'engraissent et se sôulent tout à leur aise. Sur ce sujet aussi, Jacques Heerbrand a écrit de
1 Vier Jubel jjredigten im Nauinbargischen SliJJ't zu Zeitz gelialten, etc. (Lcipsig, 1618) F. C. F. 3.
* Eine recht evangelische Predigt, etc. (Leipsiç, 1608) 8-10, 19 et suiv. Drau s le Bericht vom christlichen Abschied Doctur Martin Luthers sammt sechs Leichpreditjlen bei dem Begräbniss vornehmer Theologen, se Irouvent les attaques les plus passijnaées coulre l'Antéchrist de Rome, contre «les colporteurs de la Prostituée de Babylone, chez lesq;ielson peut tout obtenir pour de l'argent, et contre les cour-; tisans et les dainoiselles de la Prostituée ». Ou y raconte aussi « les origines sanglantes du papisme » etc. Voy. pp. 57, 58-68, 74, H2, dl8, 180. Le suriutendant Nallianael Tilesius, dans ses Achtzehn Passions-und achtzehn Osterjircdigten, es' moins viole])t dans ses attaques; mais il affirme cependant que le [)apisme, par une grossière idolâtrie, a fait une déesse de la Vierge Marie, que l'Eglise romaine £ em[)runlé à Plalou et à \irgile la doctrine du purgatoire, etc., t. l, pp. 17üj 2^8, Ü73.