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premier mot, que leur doctrine est païenne, qu'elle n'est autre chose qu'un amas de calomnies; aussi ne nous semble-t-il presque pas nécessaire de la réfuter *. »
« 0 peuple allemand, » s'écriait un autre avertisseur, « ne te laisse pas asservir par les Calvinistes, ne te courbe pas sous le joug de la race étrangère I Non seulement elle veut te ravir ta liberté et ton honneur, mais, ce qui est encore plus barbare et plus diabolique, elle veut t'ôter ton unique trésor, ton Sauveur et ton Uédemptcur Jésus, car ils tiennent ton Christ pour un Baal impuissant, parce que leur Dieu est le diable, le Léviathan maudit, comme Philippe Nicolai" l'a si bien démontré, et comme tous nos théologiens peuvent t'en fournir la preuve 2. »
En i6l7, après que cette« preuve» eût été donnée en d'innombrables écrits, David Rungius écrivait : « C'est avec justice que nous nous plaignons des Calvinistes fanatiques, car ils blasphèment le Christ, ils outragent par leurs calomnies notre bien-aimé Sauveur Jésus et sa parole sainte ; ils abolissent les articles de notre fci, ils les enfouissent sous terre, ils veulent nous imposer malgré nccs un Dieu méchant, rebutant, artificieux, un Moloch altéré dcsacg, protecteur du péché, le diable incarné, et, en somme, comme l'a dit le docteur Luther, un Dieu au cœur de démon, un archi, un triple diable! Et jamais encore ces nouveaux réformateurs ne sont parvenus à se justifier des accusations portées contre eux par nos docteurs^.
« Un peu do sens commun est suffisant pour comprendre que les Calvinistes sont des démons impudiques et grossiers, des diables menteurs et calomniateurs, des loups féroces. » « Quiconque ne se met pas en garde contre les horribles griffes du loup calviniste, » affirmait le professeur de léna, Jean-Frédéric Cé-
' Zwei Bedenken, etc., pp. 42, 44-47. Contre cet écrit parut : Kehrab für Daniel Jacobi.oh. il est dit que ce «Jacobin »avait un cerveau aussi intelligent que celui de la morue, une tête pointue comme une tele d'âne; qu'il était passé maître en ruse et tromperie, etc., etc., pp. 6-12. Généralement, les Calvinistes étaient appelés par les Luthériens « tètes pomtues ». Luther avait parlé le premier « des têtes pointues qui s'aiguisent les unes contre les autres. » A, Hltsnil's, Widerlegung der ungegründeten Aiijhigen D' Hoffmann' s (1597), p. 28.
- Voy. plus haut pp. lôO-loi. Nicolai avait fait retentir à plusieurs reprises « le cor du bon veilleur de nuit évangélique contre le diable et ses compagnons, ■> dans le Treuherzigen Warnung vor Meister Johann Cuno, Perlebergischen Superintendenten in der Priegnits. (Hambourg, sans date). F. A. 2b. Comme Nicolai, Erdmann Neumeister écrivait, de Hambourg ; « Chez les Calvinistes, on adore à la place de Dieu l'auteur de tout péché, le dieu de ce monde, le grand dragon, le vieux serpent, c'est-à-dire le diable. » Calvinische Arglistigkeit, pp. 4-3.
ä Neues Jahr. (1617) (f. A. 6», F. A 4"). « Calvin a écrit en propres termes qu'au premier synode présidé par le Saint-Esprit Jaccjues et les autres Apôtres ont mis la fornication au rang des choses indifférentes, c'est-à-dire de celles que l'eu peut faire ou omettre sans péché, eu égard aux mœurs des peuples orientaux. >•
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lestiiius, « lie coiTipiciid absolument rien à la foi chrétienne; il n'est plus en possession de salaison, il n'est plus dans son bon sens K »
Jean Modest, pasteur de Üjpperscliitz, trouvait aux Calvinistes plus de vingt traits de ressemblance avec les loups, et prétendait qu'un enfant même était en état de comprendre que leur doctrine ne pouvait venir (jue du diable. Ce chiflre de vin{,'t ne parut pas suffisant au pasteur de Luckenwald, llivander. Dans un écrit intitulé : Peaux de hrehis des loups calülnlstes et saa'omenlaires, il en compte plus de quarante, qu'il applique aux adversaires détestés^. « Il convient de donner maintenant au public, >< dit-il, <c les soixante-cinq raisons, |)Our lesquelles un bon chrétien doit avoir soin de se tenir en garde contre ces loups, et les fuir avec autant d'horreur qu'il fuirait le diable en i)ersonne. Avant moi, saint Paul (Timot, II, 3.) a expliqué pourquoi nous devons éviter avec eux tout commerce; à la vérité, il ne donne pas soixante-cinq raisons de les fuir, mais pour le moins vingt et un. 11 est facile de démontrer clairement, à l'aide de ses épitres, que les Calvinistes et les Sacramentaires blasphèment le Christ, et qu'ils sont les docteurs du diable et des impies -. Aussi leur conscience les lorture-t-elle. Four(]uoi. avant leur mort, les entend-on pousser des cris si lamentables? D'où vientalors leur rage, leur délire? » Ici Rivander s'étend longuement sur la iinépouvanfabledeplusieurs théologiens calvinistes: Carlstad avait eu le cou tordu par le démon ; le corps de Zwingle avait été mis en lambeaux par des soldats furieux; avec sa graisse, car c'était un homme corpulent, ils avaient ciré leurs bottes ^.
De même qu'autrefois on avait renseigné le peuple sur la «fin lamentable y> des docteurs et des écrivains papistes *, on lui faisait mai menant cou naître les jugements terri blés prononcés par leSeigneur même avant leur mort, sur les docteurs calvinistes. Un nombre incalculable de lois, on raconta les derniers instants des théologiens sacramentaires Carlstadt et Zwingle; l'etlroyablc mort d'.Ecolampade, de Yiclorinus, de Strigel, de Neuser, de Stössel,etde beaucoup d'autres ^ On prétendait que la femme de Slossel, ayant voulu lire à son mari, mourant et désespéré, quelques passages d'un livre édifiant, celui-ci lui avait dit : « Pauvre petit diable ! prétends-tu
* Prüfung des sacraoïent irischen O'eisles, 1'. F. 2, F. li. 2 RivA.NDEii, f. A. 4-B, 4 et pp. S -78.
■»F. D. 4, pp. 168, 185, 194-196.
* Pp. 19.H, 400 et suiv., 316.
^ Voy. plus haut, cliap. IV.
* Voy. par exein]>ie Toxiixs, Die Lehre des heilgen Geistes, etc. (160^), App. F. D.
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me consoler moi, qui suis un grand diable? Je suis damné, corps et âme i »I
Plus violent encore que ces ce dignes serviteurs de la sainte foi luthérienne, seule véritable, seule capable de conduire au salut », le prédicant Jean Prétorius, de Halle, en Saxe combattit avec passion les Calvinistes dans l'écrit intitulé; r Antéchrist à trois têtes (1591). On voyait à la première page l'image d'un monstre à trois tètes, au ventre énorme, aux jambes monstrueuses. La tête du milieu, plus grosse que les autres, portait la tiare; à droite, une toute petite tête coiffée du turban, à gauche, la tête osseuse de Calvin, coiffée de la barrette à trois pointes du prédicant. La main du milieu tenait un glaive à deux tranchants, celle de droite, un yatagan, celle de gauche, une plume de chauve-souris. « La tête qui porte la tiare, » expliquait Prétorius, a dit cent sornettes ridicules ; elle nie qu'il y ait u n Dieu, un diable et un enfer ; elle déclare qu'elle est attachée à Mahomet et à son mensonge, car Mahomet et le Pape sont des frères jumeaux que le diable a appelés à la lumière du jour au moyen de cercles magiques ; le cerbère de Rome croit et enseigne que Dieu dis tri bue les récompenses éternelles selon les mérites de chacun^. » « Quantaux Calvinistes, ilsonttous les vices imaginables; ce sont des homicides, des impudiques et des hypocrites.» « Malheur à vous, Calvinistes, car vous vous livrez à la bonne chèro et vous vous engraissez de la chair et du sangde pauvres brebis sans défense, tout en feignant une vie innocente et sainte! Malheur à vous, insensés,guides aveugles et menteurs! La cupidité vous possède,voleurs et gloutons que vous êtes, vous ne respirez que le meurtre; votre cœur est rempli d'un venin caché, d'une haine dial)olique. » « Vos écrits sont semblables à des sépulcres blanchis ; au dehors, ils paraissent édifiants; en réalité, ils sont pleins d'abominations, de mensonges et de blasphèmes. Les Calvinistes sont des mangeurs de Pape, et, après avoir dévoré le Pape avec la peau et le poil, sans sel ni graisse, ils coureut çà et là bien repus, bien gonflés ^ ! »
Sept ans plus tard, Prétorius publiait un second pamphlet intitulé : Auberge calviniste à l'enseigne de la Marotte. Le frontispice représente le diable tenant ,un javelot dans sa main et tirant la langue; il est à cheval sur un monstre à tête de dragon et à queue de serpent. On lit au bas de cette image :
' A. V. Helbach. Reiis frepidanx. pp 237 et suiv. « Tout le récit de l'impénitence finale de Stössel est conservé par l'Électeur de Saxe, car le curé de Senftenberg et le surintendant de Haçen, qui en ont été témoins, en ont écrit pour lui la relation. »
- Dreiköpfiger Antichrist, F. D 2^, D 3», E 2''.