‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 229 sur 573 · LES LUTHÉRIKNS CONTRE LES CALVINISTES · texte numérisé non relu

LES LUTHÉRIKNS CONTRE LES CALVINISTES

Ce que depuis long'temps Salan a accompli

Au moyen de tant d'hércliques,

D'une fausse doctrine et de Torgpeil Immain.

Ravag-cant tant d'cçlises et de pays florissants,

Maintenant il veut le faire plus que jamais

A l'aide de la doctrine calviniste !

Ah! périsse ci; monstre, qui épouvante par devant,

Dévore au milieu et empoisonne par derrière ' !

« Le mot d'ofdrede tous les Cavinistes le voici : Falsifier ['Écriture- Sainte, blasphémer, renier la vérité, tromper et duper les bonnes gens ». (( L'œuvre précieuse entre toutes, l'œuvre chérie de Dieu, le Luthéranisme et ses fidèles disciples, sont décriés par eux de la manière le plus odieuse, » poursuit Prétorius après avoir cité plusieurs ouvrages calvinistes : « Ils représentent nos tliéologiens comme des docteurs sans aucune intelligence, qui ont rais devant les yeux des chrétiens je ne sais quel brouillard, et les ont honteusement dupés; ils les accusent d'encourager l'homicide, le meurtre, ils les appellent loups, ours féroces, instruments du diable, etc. ». Toutes ces calomnies sataniques, ignobles, doivent faire comprendre aux âmes vraiment pieuses que les Calvinistes sont en premier lieu des homicides, et secondement les plus impudents menteurs de la terre .« Leur doctrine vient en droite ligne de l'étang infect de l'enfer, et de la synagogue de Gain ; Jésus-Christ les appelle tètes d'ânes, hypocrites, serpents, race de vipères ; Judas le traître, l'enfant de perdition, est leur précurseur; après lui sont venus Béranger, les Picards, les Albigeois, et Wiclef, cette petite souris au museau pointu qui est sortie de l'Angleterre 2. »

André Engel, curé du Brandebourg, s'efforça de prouver, dans le Manteau du mendiant calviniste (159Ö), que Calvin et ses premiers disciples avaient emprunté leur doctrine aux payens et aux hérétiques des premiers siècles chrétiens, et, presque à la fin des temps, avaient puisé « dans cette marmite répugnante et infecte, ou, pour mieux dire, dans la gueule de mensonge de l'enfer, leur nouvelle religion 3, »

En cette même année, Albert de Helbach, chapelain luthérien de la cour du Palatinat-Simmern, se prit de violente querelle avec le surintendant palatin Theobald Meusch : « Vous appelez les nôtres, » écrivait Helbach apostrophant les Calvinistes, « mangeurs de chair humaine, autrement dit cannibales, vampires, cyclopes, pélagiens,

* Calvinisch Gasthaus (1598), frontispice. Voy. une autre image symbolique sur le Calvinisme, f. M^".

2 F. A-.Vi>, A 2^, N-N 2^ R-R 2.

3 Stieve, Die Politik Bayerns, t. II, p. 373, note 2.

Page 1