LE MEURTRE DES TYRANS
Georges Scherer écrivait en 1586 : «On invente contre les Jésuites les calomnies les plus odieuses. Tout le mal qui s'est jamais commis dans l'univers entier, les Jésuites en sont coupables *.))« Au dire des hérétiques, » remarque la même année un autre Père Jésuite, Grégoires Rosefius, « c'est nous qui avons allumé les guerres de France et des Pays-Bas ; les rois et les princes nous obéissent; partoutoùnous voulons aller, nous arrivons; tout le mondeest obligé de se plier à nos désirs; nos opinions s'imposent à tous ceux qui nous approchent^. » « Les souverains et les princes, » demandait un ami de la Compagnie, « Sont-ils donc des marionnettes pour se laisser conduire par quelques religieux? Sont-ils trop incapables pour pouvoir se diriger sans leurs avis, assez faibles pour obéir à tous leurs caprices? J'en appelle à eux-mêmes et à leurs conseillers; où et quand les Jésuites se sont-ils mêlés des affaires politiques? Quand ont-ils voulu diriger rétat?A cette question, ils ne trouveront rien à répondre, sinon que toutes les fois qu'on a demandé un conseil à l'un de nous, il l'a donné du mieux qu'il a pu à quiconque le lui a demandé, à quelque rang qu'il appartînt. Qui pourrait l'en blâmer, y trouver à redire? Si, par la faute de tel ou tel des nôtres, dont le conseil a été suivi, il est survenu quelque fâcheux accident, étant données l'imperfection des vues humaines et la faiblesse de l'homme, la chose ne doit guère surprendre! Tous les Jésuites ne sont pas doués de sagesse et de prudence! Qui serait assez insensé pour s'imaginer qu'on ne trouve en eux aucun défaut, nulle faiblesse? Ne sont-ce point des hommes? Mais à cause de cela chercher querelle à toute la Compagnie, jeter la pierre à tous les
' Rettung der Jesuiter Unschuld, p. 27.
- Christophe Rosenbusch, Wohlgeg rundete und ernewerte Antwort und Ehren' reitunfj , etc., p. 64. Yoy. Keller, Tyrannicidium, pp. 't-'à.