SUK LA PAUTICIPATION DES JESUITES AUX AFFAIRES D ETAT
Jésuites parce que celui-ci ou celui-là a failli, c'esi une absurdité manifeste. Laissez-nous donc nous acquitter en paix de nos devoirs, laissez-nous catéchiser, enseigner la jeunesse, visiter les malades, prêcher et nous occuper de notre mission apostolique; épargneznous toute autre préoccupation, et ne nous demandez point conseil dans les alfaire^ politiques ^ »
Ganisius, dès le début de son apostolat en Allemagne, s'était opposé avec fernieié à toute immixtion des religieux do son ordre dans les aH'aires publiques; il écrivait à Mercurian, alors Général de Tordre, qu'il ne savait rien de plus funeste au développement de leur institut, rien qui pût lui attirer plus de haine et l'exposer à de plus grands périls. Le duc de Baviùre, Guillaume V, eût vivement désiré donner entrée aux Jésuites au conseil d'État ; il eût voulu qu'ils devinssent en même temps membres de son conseil privé ; mais Giuisius supplia le P. Mercurian de dissuader le duc d'un pareil dessein, et il écrivit à Guillaume pour lui demander comme une grâce « de laisser aux Pères le loisir de se perfectionner dans leur sainte vocation pour l'édilication du prochain - ». « Nul terrain plus glissant que celui de la cour, » disait-il; « en traitant avec les princes et les courtisans, la plus grande prudence est nécessaire; il est diflicile de ne pas être atteint par la contagion de l'esprit du monde et de ne pas se laisser entraîner dans une foule d'intrigues. Or^ afin de garder la prudence chrétienne toujours et en toutes circonstances, le plus sûr est d'éviter toute occasion périlleuse, et de tenir les nôtres éloignés des demeures des grands. » Sur ce point, Ganisius était en parfait accord avec Fran^^ois de Borgia, Général des Jésuites, qui écrivait à ce sujet : « Nos Pères ne doivent marcher qu'avec la plus grande circonspection dans les palais des grands, et traiter avec les princes avec autant de précaution que s'ils maniaient des aspics ^. » Mercurian répondait à Ganisius : « Quant à vos instances sur la nécessité de tenir nos religieux éloignés des cours, je crois pouvoir vous assurer que personne ne partage vos vues plus sincèrement que moi. Si tous ceux qui nous appartiennent pensaient comme nous, nous n'aurions pas de si grands embarras sur les bras, et rien ou très peu de chose à faire avec les princes ^. »
Holfaüs, auquel Ganisius, en 1569, avait confié la province d'AUe-
' Calumnien und Austreuiingen widev die Societcit /esu (1587), p. 13.
^Voy. note 4" vol., pp. 461-463.
^ « ... que el Iralo coa los Principes fuesse al modo con ({ue la mano advcrtida trata los aspides. » CiEN-FaEcos Alvaro, La heroyca vida, virtudes y milagros del grande S. Francisco dû Bui-j'u (Barcelona, Quarta impi'cssiou, 1754). p. 324.
* RiKbh, pp. 467-468.