‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 279 sur 573 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

SITUATION POLITIQUR ET RELIGIEUSE DANS LES PAYS HÉRÉDITAIRRS ET SES CONTRE-COUPS DANS l'eMPIRE.

Après avoir dépouillé son frère de ses plus beaux domaines, l'archiduc Mathias, « ce favori de la fortune ^ », revint à Vienne, le 14 juillet 1608, pour y recevoir le serment de foi et d'hommage de ses sujets; il se rendit ensuite en Moravie et en Hongrie; mais dès le 23 juin, ses « nouveaux amis, ses fidèles et féaux compagnons d'armes », les chefs du parti calviniste, concluaient, dans son camp même, à Sterbohol, un traité secret qui ne faisait point pressentir pour le nouveau roi « un riant avenir ». Ce n'était que pour servir leur propre ambition, non par dévouement à ses intérêts, quils s'étaient révoltés contre Rodolphe, et le roi était à peine de retour que les États protestants des pays en deçà et audelà de lEnns lui déclaraient qu'ils ne prêteraient serment que lorsque tous leurs « griefs » auraient été redressés, et surtout lorsque la pleine et entière liberté de leur, culte leur aurait été garantie. Cette liberté, ils la voulaient non seulement pour la noblesse, mais pour les villes et les bourgs. Avant que Mathias eût fait connaître sa réponse, les États ouvrirent de tous côtés des églises et des écoles protestantes, et s'emparèrent de Linz; ils nonjraèrent aux emplois publics des fonctionnaires de leur choix, prélevèrent des impôts, enrôlèrent des soldats, en un mot se conduisirent comme s'ils eussent été les légitimes détenteurs du pouvoir souverain. Au reste,, ils ne cachèrent pas à leur « bien-aimé maître » que. s'il refusait de faire droit à leurs réclamations, « il serait impossible d'éviter l'effusion du sang ». Leur dessein bien arrêté était d'anéantir le pouvoir souverain et de mettre les membres catholiques sous leur complète dépendance ~. Le conseiller le plus écouté de l'archiduc, l'évêque Melchior Klesl, écrivait le 11 octobre : « Ils

' Voyez plus haut pages 3^8 cl siiiv.

' Stülz, pages 173 el suiv.

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