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CHAPITRE II

INFLUENCE DE « l'aRT ANTIQUE WELCHE » SON CARACTÈRE ET SES CEUVRES

L'ancien art allemand et le véritable art antique. — Influence de l'antique dégénéré. — La Renaissance italienne et l'art allemand.

Chez les Grecs comme chez tous les peuples, l'art avait dans la religion son fondement et son véritable terrain. Pendant sa période d'éclat, il avait, comme l'art du moyen âge, presque exclusivement servi Fidée religieuse . Il était en même temps étroitement uni à l'État; qui se faisait gloire de l'encourager et de l'honorer. En Grèce comme au moyen âge. l'art était l'expression la plus haute du génie national. Tous les chefs-d'œuvre qu'il créait s'adressaient à l'ensemble des citoyens, et le peuple les regardait comme son bien propre^ comme les sublimes attestations de sa gloire, de sa puissance et de sa grandeur. N'incarnant que de nobles et viriles pensées, ses chefs-d'œuvre exerçaient, avec calme et puissance, la plus heureuse influence sur les esprits; ils épuraient, ils élevaient non seulement le sens artistique et le goût, mais encore la vie intellectuelle et morale des citoyens qui les avaient tous les jours sous les yeux.

Au moyen âge comme en Grèce, l'architecture était la base de tous les arts, le critérium auquel on appréciait la valeur intellectuelle et le degré de culture religieuse et morale du peuple. La construction du temple était son plus noble objectif. Bien que le temple antique ne puisse faire naître ce joyeux élan vers le ciel,

' « A toutes les époques, l'art atteint son plus haut degré de perfection quand il s'associe aux aspirations nationales, à la vie religieuse d'un peuple. Le cliefd'œuvre le plus sublime se produit toujours là, où l'idéal le plus élevé, la foi religieuse, est en Iionneur. L'art parait alors pour exprimer cet idéal sous une forme digne de lui » (Voy. Kuglek, Kleine Schriften, t. III, p. 231). « C'est toujours à l'érection du temple que commence l'architecture» (Schnaase, Gesch. der bildenden Künste, t. I,p. 33).

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