‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 462 sur 573 · TETZEL · texte numérisé non relu

TETZEL

Oh ! pourquoi me frappez-vous ainsi ?

Les gens du gentilhomme veulent reprendre l'argent que Tetzel a reçu, « débarrasser son crâne du chrême dont il a été graissé, et caresser encore un peu ses joues, » mais leur maître les arrête :

« Laissez-le! Cet homme est frêle, il pourrait rester sous vos coups ! Nous lavons suffisamment tanné I »

Au dernier acte, les archanges Michel et Gabriel paraissent. Vérité est délivrée, et IJelzébuth est chargé de faire comparaître en justice Tetzel et deux de ses compagnons. Belzébuth leur promet qu'ils seront épargnés sils veulent tomber à ses genoux et l'adorer. Il se prosternent et adorent le diable ', mais celui-ci ne les conduit pas moins en enfer. Saint Michel remet solennellement à Luther et à Bugenhagen les armes dont ils devront se servir pour combattre l'Antéchrist de Rome *.

D'autres pièces polémistes ne s'en prenaient pas seulement à l'Église romaine, mais à tous ceux qui ne se conformaient pas strictement à la doctrine de Luther. A cette catégorie appartient la co-

' Tetzel. invoquant le démon, s'écrie : 0 tancle Beelzebub, parce mihi, misero peccatorit Ses deux compagnons prient avec lui : Exto propitins, sanctissime pater Beelzebub. 0 pater Beelzebub, mixerere meil (Acte V, scène iv.)

* Holstein décerne les plus grands éloges à cette pièce (p. 240-243). « Non seulement, » dit-il, « elle est écrite d'un style aisé et agréable, mais comme structure dramatique elle est correcte et attachante. Les faits historiques du commerce des indulgences y sont fidèlement retracés, l'état de l'Eglise à cette époque y est exposé d'ime façon intéressante. Elle ne manque pas non plus de traits humoristiques: loulefuis,ils ne sont pas tellement prodigués que le caractère religieux de l'ensemble ait à en souffrir. Cette pièce sur les commencements de la Réforme, composée avec un intelligent amour par Kielmann, et remaniée par le curé Rinckhart dans le môme esprit, fut jouée par les écoliers d'Eisleben sous le nom de « comédie joyeuse ». Pour Gênée aussi (p. 174), cette pièce polémiste respire la sagesse et la piété. « On sent, » dit-il, >< la vigueur et la sincérité de la conviction reUgieuse jusque dans les explosions d'une légitime colère. Et quel ardent

médie latine de Frischlin, Phasma, représentée à Tubingen en 1580, en présence de beaucoup de princes et de seigneurs. Elle fut deux fois traduite en allemand'. Là, ce ne sont que disputes infinies; la doctrine luthérienne est représentée comme seule orthodoxe, seule capable de conduire au salut Toutes les autres sont œuvres du démon et conduisent en enfer. Le public assiste à une longue dispute entre Luther, Brenz, Zwingle et Carlstadt.

Luther explique que dans la Cène il y a autre chose que du vin et du pain, autre chose « qu'une bouillie de paysan », et que le corps et le sang de Jésus-Christ y sont réellement présents. Lui et ses adversaires échangent des injures.

CÀRLSTADT

Fi I quels horribles Thyestes vous êtes ! Vous vous engraissez de chair humaine !

ZWINGLE

Cannibales ! Vos dents sont des couteaux aiguisés I

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