CARLSTADT
J'en fais autant de cas que de deux noisettes vides.
ZWINGLE
Oui, je partage l'opinion de Bèze, mon fils spirituel, qui a écrit selon ma doctrine; il assure que le d... de sa belle gouvernante sent beaucoup meilleur que la bouche de ceux qui osent prétendre que le
désir de posséder enfin la vérité, quelle haine profonde, on pourrait dire quelle haine sainte, contre les falsificateurs d'une religion d'amour I Ces sentiments ont inspiré la grande révolution du siècle, et ce sont eux que l'auteur s'efforce d'exprimer. » Et pourtant, dans sa préface, Gênée affirme avoir lu « la pièce luimême » !
' GoEDEKE, Grundriss, t. II, p. 306, n" 6 A et B. Voy. dans Strauss (Frichlin, p. 125-129) la critique de cette pièce. Je me suis servi de la traduction d'Arnold Glaser (Greifswald, 1603).
corps et le sang de Jésus-Christ sont distribués avec l'hostie'.
Le diable, caché sous le froc d'un moine, annonce peu après aux assistants qu'il a entraîné dans l'enfer Carlstadt etZwingle. Il se félicite des décisions du concile de Trente. Cette assemblée, dans laquelle Pie IV, le cardinal Campeggio et lévèque Hosius jouent un grand rôle, est interrompue par l'arrivée de Jésus-Christ, accompagné des apôtres Pierre et Paul. Le Sauveur déclare au Pape qu'il le tient pour un archi-coquin. pour l'Antéchrist, pour le suppôt de Satan. La Vierge Marie paraît ; elle porte plainte contre le Pape et ses « tonsurés », qui ont osé l'attaquer dans son honneur, l'accuser de libertinage, et d'avoir servi de sage-femme à une nonne!...
« Ils disent encore que j'ai vécu avec un moine et que j'ai commis le mal avec lui. J'affirme que ceci a été écrit de moi! Et le Pape, l'honnête homme qu'il est, a fait canoniser le livre où la chose est écrite! Ah! cher Fils, ah! cher Seigneur, sauve ma réputation, mon honneur! Punis l'infâme blasphémateur! Cher Fils, donne-lui le salaire qu'il mérite ! »
LE PAPE, à demi-voi.x.
Je ne puis nier que la chose ne soit vraie... 0 Christ, épargnemoi^ aie pitié!...